Hainaut : voici pourquoi il est vital de suivre la Provinciale 2B cette saison

Non, cela n'a rien d'une blague. La série B de la deuxième provinciale hennuyère est particulièrement intéressante pour les footeux de la région du Centre. Comme l'an dernier, elle rassemble une flopée de clubs locaux et offre, chaque week-end, son lot de derbies, de rivalités et de belles histoires. À des années-lumière des projecteurs du football professionnel, mais pas nécessairement de ses émotions.

La Provinciale 2B se compose de seize clubs. Parmi ceux-ci, on retrouve huit formations issues de Mons et du Borinage, mais aussi (et surtout) huit écuries du Centre : Athènes Haine-Saint-Pierre, Bracquegnies, Carnières, Casteau, Estinnes, Neufvilles, Snef et Trivières.

Chez les Centraux, les ambitions varient. Si Bracquegnies Sport, Athènes HSP ou encore Estinnes lorgnent les places d'honneur, d'autres enseignes rêvent d'une qualification pour le tour final, à l'instar du CO Trivières ou du FC Casteau. À l'inverse, l'US Neufvilles et le FC Snef cherchent avant tout à consolider leur place dans la série, tandis que le RFC Carnières, promu surprise à la suite de la saga estivale de l'URLC, va devoir batailler pour assurer son maintien.

La première raison de s'intéresser à la P2B, c'est évidemment cette proximité géographique. Là où la P1 ne propose que quelques affiches entre formations voisines, le septième échelon du football belge offre, pratiquement chaque week-end, au moins un derby du Centre. Parfois deux. De quoi réveiller les rivalités de clocher et ressortir quelques vieilles histoires qui n'ont jamais vraiment quitté les vestiaires.

Derbies du Centre et belles affluences

Qui dit derby dit généralement belle affluence. Les clubs profitent souvent de ces confrontations pour mettre à l'honneur leur école des jeunes avant le coup d'envoi. Parents, amis et proches se retrouvent autour du terrain, garnissant joliment des travées qui, en temps normal, n'accueillent pas toujours autant de monde.

Cette mobilisation donne lieu à de belles ambiances, parfois tendues - et c'est aussi le propre d'un derby - le long de la main courante. On ne banalisera jamais la violence, qu'elle soit verbale ou physique. Mais on apprécie cette saine rivalité qui anime les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs. Les petites provocations, les discussions interminables sur un hors-jeu, les retrouvailles autour d'un verre après le coup de sifflet final. Bref, tout ce qui fait le sel du football provincial.

Dans cette P2B, quelques attractions méritent également le détour. À commencer par le Royal Bracquegnies Sport qui, l'an dernier, a évité de justesse la relégation en P3, notamment grâce à un solide mercato hivernal. Quelques mois plus tard, le RBS fait désormais figure de candidat au titre aux yeux de nombreux observateurs.

Les "Galactiques" de Bracquegnies Sport

Il faut dire que l'effectif a fière allure. Sous la houlette de Jean-Louis D'Achille et Ricardo Magro, Bracquegnies a rassemblé plusieurs figures locales réputées, dont certaines ont longtemps sillonné les divisions nationales. Pêle-mêle : Valentin Debauque, Mikail Deliboyraz, Jordan Henri, Giuseppe Losacco ou encore Melvin Renquin. Un groupe presque galactique à l'échelle provinciale, accompagné de quelques roublards du cru et de belles trouvailles, à l'image du serial buteur Lenny Herbin, passé par les formations de Lens et de Valenciennes.

Derby du Centre : Trivières vs. Bracquegnies
Chaque dimanche, Bracquegnies est l'équipe à abattre en P2B. © Centre Sports

Pourtant, malgré cette armada, Bracquegnies ne survole pas la série. Et c'est précisément là que réside tout l'intérêt de la P2B. Du sommet du classement à la lutte pour le maintien, rien n'est écrit d'avance. Les favoris peuvent trébucher, les outsiders surprendre et les rencontres se jouer sur un détail. Un ballon mal négocié, un coup franc venu de nulle part ou une dernière occasion sauvée sur la ligne. Pas besoin d'une affiche de Ligue des Champions pour vibrer.

Une seule logique : celle du terrain

Mieux encore : en provinciale, il n'est pas question de licences, comme celles qui existent déjà en D2 ou D3 FFA. On joue au football selon une logique qui devrait toujours prévaloir : celle du terrain. Sans voir les décisions administratives prendre systématiquement le pas sur les résultats sportifs. Les meilleures équipes montent, les moins bonnes descendent. Une mécanique simple, presque à l'ancienne, mais représentative du football qu'on aime. Franchement, ça fait du bien.

Derby du Centre : Snef vs. Neufvilles
En Provinciale 2B, on s'amuse (presque) à tous les matchs. © Centre Sports

Même l'arbitrage mérite qu'on s'y attarde. Souvent stigmatisé, rarement épargné, l'homme en noir officie généralement seul, sans assistant pour l'épauler. Il doit tout voir, tout juger, tout décider. Avec deux yeux, un sifflet et, parfois, beaucoup de courage. Oui, il se trompe. Comme les joueurs qui ratent une occasion ou les entraîneurs qui se plantent dans leurs choix. Mais sans lui, pas de match. Cela mérite autre chose que les éternelles critiques entendues en bordure de pelouse.

Le football qu'on aime

Au fond, c'est peut-être ça, le charme de cette P2B. Un football imparfait, parfois brouillon, souvent imprévisible, mais profondément humain. Celui des bénévoles, des retrouvailles, des rivalités et des troisièmes mi-temps. Celui où l'on joue encore pour un maillot, un village, un quartier ou simplement pour le plaisir de retrouver les copains.

Un football qui ne vaut pas des millions. Il en vaut tellement plus : il n'a pas de prix.


Illustration : Centre Sports

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