À partir de 2031, les granulés de caoutchouc utilisés pour le remplissage des terrains synthétiques ne pourront plus être commercialisés en Europe. En Wallonie et à Bruxelles, plus de 250 infrastructures sont concernées par cette évolution. Avec 12 terrains recensés dans la région du Centre, le sujet va également s’inviter dans l’agenda des clubs et des communes.
Le débat autour des surfaces synthétiques garnies de billes de caoutchouc (SBR) ne date pas d’hier. Si leur nocivité pour la santé fait encore débat, leur impact environnemental a poussé l’Union européenne à légiférer.
2031, année fatidique pour les synthétiques
Pour être tout à fait juste, l’Europe n’a pas interdit l’utilisation de ces terrains. Elle a surtout décidé de mettre fin à la commercialisation des granulés microplastiques utilisés pour leur remplissage. La date est déjà entourée dans l’agenda : ce sera le 17 octobre 2031.
Si les surfaces actuelles pourront continuer à être utilisées après cette échéance, le problème se posera progressivement au niveau de leur entretien. Ces terrains nécessitent, effectivement, l’ajout régulier de granulés afin de conserver leurs propriétés sportives.
SBR : une technologie bientôt condamnée
Dès l’instant où il ne sera plus possible de s’en procurer, leur maintenance deviendra de plus en plus compliquée, jusqu’à rendre leur utilisation problématique. Si l’échéance de 2031 ne signifie donc pas la disparition immédiate de ces terrains, elle condamne cette technologie à terme.
Heureusement, deux solutions existent. La première consiste à conserver le principe d’un terrain synthétique avec remplissage, mais à remplacer le caoutchouc par du liège.
Le liège, efficace mais coûteux
Une solution efficace, déjà éprouvée, mais qui présente plusieurs inconvénients. Financièrement, les billes de liège peuvent coûter jusqu’à cinq fois plus cher. De plus, elles doivent être renouvelées régulièrement, à raison de plusieurs tonnes par an.
Au-delà de l’aspect onéreux, la transition du caoutchouc au liège n’apparaît pas comme une évidence. Les terrains synthétiques des précédentes générations pouvaient tolérer une légère pente, allant de 2 à 3 %, tandis qu’un terrain utilisant du liège doit être beaucoup plus plat.
Dans certains cas, il faut donc intervenir sur la structure même du terrain, quitte à refaire une partie de la dalle située sous le revêtement. De quoi alourdir considérablement le chantier et la facture.
Bientôt la fin du remplissage ?
Une seconde piste, évoquée dans Le Vif Sport, suscite également de l’intérêt : le terrain synthétique sans remplissage. Dans cette configuration, plus besoin de caoutchouc, de liège ou de quelconque autre granulat. La densité des fibres synthétiques permet aux brins de rester droits sans être lestés.
En outre, cette technologie permettrait de réduire les coûts d’entretien, puisqu’il ne serait plus nécessaire de recharger régulièrement la surface. Elle présente également un intérêt environnemental, avec une quantité moindre de plastique utilisée dans la conception du terrain.
Pas (encore) de feu vert du côté de la RBFA
Problème : si la piste paraît idéale sur le papier, son développement reste freiné par la réglementation sportive. La RBFA, comme ses ailes francophone et flamande, continue de se référer aux normes de la FIFA pour l’homologation des surfaces. Faute de feu vert répondant à ces critères, les terrains sans remplissage ne peuvent, pour l’heure, se généraliser dans les compétitions belges.
Cela n’empêche pas certains pays voisins de tenter l’expérience. En Allemagne, du côté du Werder Brême notamment, mais aussi au Luxembourg et aux Pays-Bas, plusieurs infrastructures utilisent déjà ce type de surface sans remplissage.
Des solutions pour La Louvière
Dans le Centre, où les terrains synthétiques fleurissent depuis plusieurs années, la question du remplacement de certains d’entre eux va progressivement se poser. À Haine-Saint-Pierre, la rénovation du terrain synthétique du stade Raymond Dienne figure notamment parmi les projets de la Ville de La Louvière.
Du côté de la Wolves Academy, deux terrains utilisant encore des billes de caoutchouc figuraient dans le relevé qui nous a été transmis par Infrasports. Ces terrains ont toutefois été remplacés, il y a quelques jours à peine, par la RAAL.
Quelques kilomètres plus loin, dans la Cité du Gille, le bourgmestre binchois s’est récemment enorgueilli de la création d’un second terrain synthétique sur le site de la Case, à Leval-Trahegnies. Pas de bol : le premier terrain, équipé d’un remplissage en caoutchouc, devra lui aussi trouver une alternative à terme.
Plus de 65 % de la région est concerné
À Seneffe, au centre Adeps de la Marlette, la surface construite en 2003 est également concernée par la disparition programmée du remplissage SBR, tout comme le terrain de Snef-Tyber, situé rue de Maffle. Le sujet s’invitera également dans cinq autres communes de la région. À savoir : Anderlues, Chapelle-lez-Herlaimont, Écaussinnes, Morlanwelz et Soignies, où les terrains de Naast et de Neufvilles sont concernés.
"Il sera impossible, pour le pouvoir subsidiant, de remplacer plus de 200 terrains concernés pour l’échéance prévue", a d’ores et déjà prévenu Philippe Godin, président de la FFA, cité par Le Vif en septembre 2025. Le décompte est lancé.
- Illustration : Groove Man
