Au cours d'une semaine rythmée par les annonces (départ, prolongation et arrivée) la P2B s’est offert une médiatisation inattendue. Tout est parti du Roeulx.
En début de saison, les observateurs étaient formels : Le Roeulx serait champion. Effectif taillé pour le titre, expérience, stabilité. Le retour dans l’élite provinciale semblait presque écrit.
Six mois plus tard, le scénario a déraillé. Le Roeulx a perdu des points. Perdu de la sérénité. Perdu son entraîneur.
Des tensions internes
Le ressort paraissait déjà cassé à Neufvilles (3-0), face à un candidat au maintien. Ce soir-là, Gilles Costa affichait un visage fermé. Pas seulement à cause du score. Les tensions internes devenaient visibles.

La suite est brutale. Officiellement, ce ne sont pas les résultats qui ont coûté la place de Costa. Officieusement, l’annonce de son départ en fin de saison aurait accéléré les choses. Le coach aurait informé sa direction qu’il s’était engagé ailleurs.
Dans certains clubs, on prépare l’avenir. Au Roeulx, on a choisi de couper court.
Pierrot Rizzo a été appelé en urgence. Retour au bercail pour l’iconique figure jaune et verte, celui qui avait déjà connu les tempêtes locales. Mission : stabiliser, peut-être relancer.
De Gilles Costa à Pierrot Rizzo
Passer de Costa à Rizzo, ce n’est pas un simple changement de voix dans le vestiaire. C’est un changement de méthode, d’énergie, de gestion. Pour le groupe, l’adaptation sera soit immédiate, soit brutale.
Toutefois, Rizzo n’est qu’une solution transitoire. Le directeur sportif Stéphane Monnier l’a confirmé : un nouvel entraîneur sera nommé en fin de saison. Et là, le feuilleton prend une autre dimension.
La priorité du Roeulx ? Luigi Scichilone. Troisième avec Estinnes. Justement opposé aux Rhodiens ce week-end. Le timing aurait été presque absurde : quitter Estinnes pour affronter… Estinnes.
Situation "cocasse et irrespectueuse"
Scichilone a tranché publiquement : "J'aurais dû quitter Estinnes sur-le-champ pour reprendre Le Roeulx et jouer contre mon équipe actuelle. Situation cocasse et irrespectueuse pour mon groupe."
Il reste. Il prolonge. Il assume. Dans un football provincial où les bancs tournent parfois plus vite que les feuilles de match, la loyauté mérite d’être soulignée.

Exit Costa. Rizzo en pompier. Scichilone fidèle à sa parole.
Finalement, la phrase de Costa après le match aller face à Neufvilles (3-1) résonne autrement : "N’allons pas trop vite en besogne, il reste encore un hiver à passer."
L’hiver est toujours en cours, mais tout le monde ne verra pas le printemps.
- Illustration : AC Le Roeulx

