Il possède près de 400 maillots : rencontre avec MatchwornFlorian, collectionneur du Centre

Sur Instagram, le compte MatchwornFlorian compte plus de deux mille followers et des centaines de milliers de likes. Derrière cette vitrine bien fournie se cache Florian Walem, collectionneur passionné qui partage, depuis plusieurs années, ses plus belles pièces avec une communauté grandissante.

Originaire de la région du Centre, le jeune homme de 28 ans est enseignant dans la vie de tous les jours. Mais avant tout, il est un amoureux du ballon rond. "J’ai toujours été plongé dans le football, plus particulièrement le football belge", confie-t-il.

Florian possède plusieurs centaines de maillots. © D.R.

Joueur dans sa jeunesse, il se souvient d’une époque où, dans les vestiaires, ses coéquipiers juraient par les grands clubs étrangers. "La Juve, Milan, l’Inter. On n’était que deux à supporter un club belge : Mouscron pour lui, le Standard pour moi." Une fidélité qui, avec le temps, s’est élargie à la RAAL, désormais solidement ancrée dans son cœur.

Quant à sa page Instagram, elle est née presque par hasard. "C’était pendant le Covid, en août 2020. Des amis m’ont poussé à montrer ma collection plutôt que de la laisser dans ma chambre." Une idée simple, mais qui fera mouche. Depuis, Florian partage régulièrement ses trouvailles et ses pièces les plus rares.

Car la passion ne date pas d’hier. "J’avais déjà des posters de footballeurs, une couette Van Nistelrooy, plein de maillots, souvent faux d’ailleurs", sourit-il. Le vrai déclic intervient lors de la saison 2008-2009, lorsqu’il dévalise la boutique du Standard avec l’accord paternel. "Je suis reparti avec les trois maillots de la saison. À l’époque, les prix étaient bien différents, plus accessibles."

Aujourd’hui, sa collection oscille entre 300 et 400 pièces. "Il y a de tout : des maillots boutiques, préparés, portés. Une majorité provient de clubs wallons - le Standard de Liège et la RAAL La Louvière en tête - mais on y retrouve aussi Mons, Mouscron et même quelques pièces étrangères, à condition qu’elles aient un lien avec ses clubs de cœur. "J’essaie aussi d’avoir au moins un maillot de chaque club de D1A et D1B."

Un petit aperçu de sa fantastique collection. © D.R.

Une telle collection demande de la place… et de la compréhension. "J’ai de la chance, ma famille est conciliante. Une partie est chez moi, l’autre chez mes parents. Ma chambre est devenue un sanctuaire", explique-t-il, non sans admettre revendre certaines pièces pour en acquérir de meilleures.

Pour dénicher ses maillots, Florian multiplie les pistes. Plateformes de revente, œuvres caritatives, contacts. "Avec la notoriété grandissante de sa page, il reçoit aussi pas mal de propositions. "Heureusement, je ne dis pas oui à tout", s'amuse-t-il. Cette visibilité lui a également permis de tisser des liens dans le milieu. "À la RAAL, certains joueurs et membres du staff me reconnaissent. Par le passé, j’ai aussi pu échanger avec Hugo Siquet ou Arnaud Bodart, qui m’a offert ses gants."

Florian et ses trois passions : les maillots, le Standard et La Louvière. © D.R.

Mais le marché du maillot du football a vite changé en très peu de temps. "Il y a un vrai boom. Les prix ne font qu’augmenter." Pour s’en sortir, le collectionneur mise sur la patience et les bonnes affaires. "Attendre les soldes, passer par la seconde main. Récemment, j’ai acheté un maillot porté par le regretté Cédric Roussel à la RAAL (ndlr : saison 1994-1995) pour moins cher qu’un maillot neuf."

Encore faut-il éviter les pièges. "Je me suis déjà fait avoir. Sur Vinted ou Instagram, il faut être vigilant. Les étiquettes, les codes, les coutures… ce sont des détails essentiels."

Parmi ses nombreuses pièces, certaines occupent une place particulière. "Le maillot porté par Axel Witsel en Ligue des Champions avec l’Atlético Madrid, celui de Maxence Maisonneuve lors du retour de La Louvière dans le football pro, ou encore la tenue jaune des Diables, lors du Mondial 2018. Des souvenirs chargés d’émotions.

Mais s’il ne devait en retenir qu’un pour son histoire, ce serait celui de Quentin Louagé, déniché dans des circonstances particulières. "J’avais vu une annonce Facebook. Une personne âgée vendait des maillots du RAEC Mons. J’ai séché les cours pour y aller. Sur place, je suis tombé sur une vraie caverne d’Ali Baba." Parmi les trésors, une tunique du joueur, bien avant qu’il ne devienne une figure connue dans le Centre.

Comme tout collectionneur, Florian garde aussi des objectifs en tête. "J’aimerais mettre la main sur le maillot du Standard 2005-2006, avec les bandes jaunes et bleues." Enfin, côté esthétique, ses préférences sont claires. "Au Standard, les maillots domicile 2007-2008 et 2023-2024. À la RAAL, le troisième maillot blanc 2024-2025, avec tous les adversaires rencontrés depuis la renaissance du club."


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