Echauffourées à Binche – Rochefort : quel futur pour le foot amateur ?

Des violents incidents ont éclaté avant la rencontre entre Binche et Rochefort (1-3).

La belle première partie de saison de la RUS Binche se transforme, peu à peu, en un pénible chemin de croix. Si les Lions occupent toujours la cinquième place de la D2 ACFF et restent en course pour la montée, ils peinent toutefois à retrouver le mordant du début de championnat.

Pourtant, ce n'est pas le volet sportif qui nous préoccupe.

Avant le coup d'envoi de l'affiche de ce dimanche à Vachaudez, nous apprenions ainsi que des échauffourées animaient les abords du stade et sa tribune principale. En soirée, le président de l'Union Rochefortoise confirmait ces échos chez nos confrères d'Antenne Centre.

On y parle d'une zone de chaos, de barres de fer et de poings américains.

Pour un match de quatrième division belge qui, au maximum, attire 200 à 300 personnes. C'est ridicule, dérisoire. Lamentable. On en a marre.

Sur Centre Sports, on prône un football populaire, avec des valeurs, de la ferveur. On prend souvent le parti des ultras. Ils sont souvent stigmatisés ou confondus, mais aussi incompris. Le monde ultra comprend des codes, que tout le monde n'a pas.

Pour autant, on ne tolère pas la violence. Pour la venue de Mons en début d'année, les Ultras Binche clamaient - sans doute à raison - l'incohérence des mesures de sécurité prises à l'encontre des fans de ballon rond (ndlr : combi ticket-car obligatoire pour le RAEC, vente limitée des places, limitation du nombre de spectateurs, préventes obligatoires pour les supporters des deux camps, etc.).

Pour la venue de Rochefort, rien de tout ça. Il n'y avait, en apparence, pas d'antagonisme entre les fans les plus virulents des deux camps. Le match n'a pas été classé à risque.

Avec les agissements survenus ce week-end, quelques idiots ont profité de cette occasion pour donner raison aux mesures strictes désormais en vigueur dans les divisions inférieures. En résumé, les fans exigent des matchs moins encadrés. Mais lorsqu'ils ne le sont pas, ça tourne au pugilat.

Ces mauvais exemples sont trop nombreux. On se souvient que, l'an dernier à Maasmechelen, les supporters des Loups - irréprochables cette année, soulignons-le - avaient profité d'un déplacement libre pour s'illustrer d'une bien mauvaise manière. Cela avait coûté une pluie de huis-clos au club, première victime de ces incivilités.

Après le match, le président Damien Schena avait la mine déconfite. "On se pose la question : pourquoi est-on encore ici, pourquoi faisons-nous ce travail-là ? C'est inadmissible."

Quand on voit la bassesse de quelques commentaires sur les réseaux sociaux (de savoir qui a frappé le premier, qui a eu tort ou qui a eu raison d'agir de la sorte), on peut légitimement s'interroger sur le degré de brûlure du cerveau de certains.

Pauvre football. Triste société.


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