Georges-Louis Bouchez : « Malgré la rivalité, il faut reconnaître les qualités de la RAAL »

Georges-Louis Bouchez est la personnalité médiatique belge la plus influente. Pas un jour ne passe sans que son nom apparaisse dans l'un ou l'autre média. Chacune de ses interventions est scrutée par ses adeptes, bien sûr... et par ses opposants, surtout.

Dimanche dernier, l'homme aux multiples casquettes était l'invité de Sacha Tavolieri, dans l'émission En Off. Diffusée en télévision sur la chaîne LN24, l'entrevue est également visible sur YouTube.

Particularité de cet entretien d'une grosse heure ? L'aspect politique était mis de côté, au profit du sport. Georges-Louis Bouchez est, pour rappel, le président du Royal Francs Borains.

Que l'on apprécie le personnage (ou pas), que l'on adhère à ses idées (ou pas), l'actuel président du MR s'est distingué. Une certitude : en véritable passionné de ballon rond - mais aussi de Formule 1 et de politique - GLB maîtrise son sujet. À vrai dire, ça change de ces élus qui exigent, à l'arrache, la veille ou à dix minutes d'un événement, une note de presse de leur service pour se dépatouiller de questions dérangeantes.

Qu'on se le dise, cette entrevue était d'un excellent niveau. Les idées de Georges-Louis Bouchez à l'égard du football belge sont tranchées, aiguisées même.

Qu'il s'agisse de la répartition des droits TV, de l'avenir (médiatique) de la Pro League, voire du modèle de gestion des clubs, le conseiller communal montois propose une approche appréciable, parfois même plus intelligente et intelligible que celles de présidents de mastodontes du football belge.

À cet égard, l'homme fort du RFB n'a pas manqué de saluer la RAAL de Salvatore Curaba. "Même si nous sommes rivaux sportivement, il faut reconnaître la qualité du projet et la manière dont il a été mené", reconnaît Georges-Louis Bouchez. "Le problème ? Les structures similaires à La Louvière sont trop rares. Même dans le top du football belge, ça bricole encore beaucoup."

Il va plus loin : "La méthode louviéroise prouve que, dans un club, le plus important n'est pas de payer pour les meilleurs. L'essentiel est de créer une discipline, un esprit et une dynamique qui font que tout le monde rentre dans un état d'esprit de victoire."

S'il loue la vision louviéroise, le président du stade Vedette jalouse sympathiquement son voisin. "Ça m'énerve parce qu'on a toujours battu La Louvière (ndlr : c'est faux, les Borains restent sur deux revers consécutifs face aux Loups) et que nous sommes montés avant eux dans les divisions professionnelles. En l'espace de deux ans, ils nous sont repassés devant. J'espère un jour les retrouver en Jupiler Pro League."

En avril dernier, invité sur le plateau d'Atout Sports sur Télé MB, Georges-Louis Bouchez plaidait en faveur d'un rapprochement entre les Francs Borains et le RAEC Mons. À cet égard, il affirmait ceci : "Si vous additionnez les budgets de nos deux clubs (ndlr : 3,5 millions d'euros au RFB et 2 millions d'euros au RAEC), vous atteignez un budget similaire à celui de La Louvière, jouant aujourd'hui le Top 3 en Challenger Pro League."

Une affirmation erronée, puisque le budget de 5,5 millions évoqué correspondait à celui de tout le club louviérois (équipe première, école des jeunes et staff administratif), là où les budgets monto-borains s'apparentaient à ceux uniquement alloués à l'équipe fanion.

L'élu s'est cette fois ravisé devant Tavolieri, affirmant que la RAAL réalise de bonnes performances "avec la plus faible masse salariale en termes de joueurs. Quand on a un faible budget, il ne faut pas chercher à jouer comme Luis Enrique (...) Si tu as de bons joueurs, qui ne sont toutefois pas exceptionnels, il faut revenir à des principes fondamentaux."

Il y fait d'ailleurs un parallèle avec la saison écoulée : "Quand on les a joués en Challenger Pro League, il n'y a pas un joueur pour lequel je me suis dit : "Wahou, celui-là fait vraiment la différence." J'ai vu une équipe organisée, qui faisait peu, voire pas, d'erreurs. Quand elle avait l'occasion de mettre un but, elle le mettait. La Louvière joue de façon simple, intelligente et efficace, à l'image de son projet."

Comme quoi, même la politique peut parfois s'incliner devant le football.


Laisser un commentaire