De l’importance des médias locaux

On le sait, la presse n’a pas toujours eu… bonne presse à La Louvière.

Dans un passé pas si lointain, on se souvient de boycotts imposés par le club à l’égard de certains médias locaux, généralement à la demande de la direction. Parfois à raison, souvent à tort. En ce sens, la première saison en N1 (2022-23) avait eu son lot de rebondissements.

Cet article provient du Lupo #08, en prélude du match entre La Louvière et Westerlo.

À l’heure où les tensions semblent, heureusement, s’être apaisées entre la presse et l’institution louviéroise, ce sont désormais les supporters qui tiquent. Plusieurs d’entre eux reprochent aux principaux médias nationaux leur manque d’intérêt pour le club vert et blanc.

En effet, en dehors des affiches face aux cadors du championnat et de la retransmission en direct de chaque match (via l'application DAZN et en radio sur VivaCité), ils s’indignent surtout des faibles retours de la RTBF (La Tribune) ou de RTL (Dans le Vestiaire).

Est-ce vraiment surprenant ? Pas tant que ça. Aujourd’hui, au sud du Royaume, une large part du marché revient aux deux entités phares du Plat Pays : Anderlecht et le Standard. Charleroi et l’Union récoltent les miettes. De son côté, La Louvière doit se frayer une place dans un paysage médiatique bouché.

S’il existe d’improbables Tournaisiens supporters d’Anderlecht et de ridicules Borains adeptes du Standard, il n’y a rien d’équivalent (sauf cas rares et exceptionnels) pour la RAAL. Les fidèles des Loups se concentrent exclusivement en région du Centre.

Cruel mais pas irrémédiable

Il est donc aisé de comprendre qu’un duel entre OHL et La Louvière attirera toujours moins les médias qu’une insignifiante rencontre entre Anderlecht et Malines ou un match moribond du Standard à Westerlo. C’est cruel, mais pas irrémédiable.

Selon une maxime bien connue, nul n’est prophète en son pays. En réalité, c’est tout l’inverse avec les médias locaux. Si la presse régionale ne s’en charge pas, qui le fera ?

Ce ne sont jamais les médias nationaux qui évoqueront les performances de l’équipe féminine louviéroise, pas plus que la presse nationale qui abordera le développement de la Wolves Academy. Mais bien celles et ceux qui suivent et connaissent le projet mieux que quiconque, celles et ceux qui sont souvent au plus proche du terrain.

On ne jette pas seulement des fleurs à Centre Sports ou à Lupo (qui sont des médias exceptionnels, vous le savez déjà puisque vous nous lisez).

Il s’agit aussi de penser aux autres médias de proximité, qu’ils se déclinent en télévision, en radio, en presse écrite ou sur le web. Ce sont eux qui redoublent d’intensité, d’efforts et d’originalité pour permettre aux supporters de suivre les coulisses de leur club favori. Et ils n’ont pas attendu le retour de La Louvière en Pro League pour le faire.

Savoir sur qui compter

Une exposition médiatique nationale, ce n’est rien d’autre qu’une cerise sur le gâteau. C’est sympa, mais ça n’en fait pas un repas. De plus, la presse nationale manque souvent de personnalité dans son traitement.

Elle enfonce des portes ouvertes (notamment l’inauguration de l’Easi Arena ou la taille de son parcage, que nous avons mangées à toutes les sauces). Elle est aussi souvent le symbole d’une actualité qui déraille (les incidents survenus aux Francs Borains en 2017, par exemple).

Cela vaut-il la peine de se coltiner une heure d’émission sur un classico bidon entre Anderlecht et le Standard, pour finalement ne profiter que de quelques mots sur une non moins importante confrontation entre La Louvière et Zulte Waregem ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

En attendant de devenir un club qui compte aux yeux des médias nationaux et de gagner la notoriété qu’elle mérite au-delà de son territoire, la RAAL (et ses fidèles) doit savoir sur qui elle peut vraiment compter : celles et ceux qui sont là. Celles et ceux qui ont toujours été là.


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