Le troisième échelon national belge, tel que nous le connaissons aujourd'hui, pourrait (encore) se métamorphoser. En position de force face à l'ACFF, l'aile footballistique flamande propose une scission linguistique de la N1.
Pour éviter de passer pour le con qui dit non, le Wallon joue le simplet qui dit oui. Plutôt que de s'opposer fermement au projet porté par la VV, l'ACFF préfère se plier aux désidératas venus du nord du pays.
"En N1, il y a vingt clubs, dont quinze sont néerlandophones. Ces clubs ont des pressions politiques pour s'isoler par rapport à l'ACFF", explique David Delferière, patron du football amateur wallon, au micro d'Antenne Centre Télévision.
Il est ainsi envisagé de scinder la Nationale 1, rassemblant actuellement des équipes flamandes et wallonnes, en deux divisions : une D1 VV et une D1 ACFF (ndlr : comme c'est déjà le cas en D2 et D3). "Nous étudions la possibilité, si ça devait se faire, de voir comment on pourrait le faire", poursuit le Sonégien.
Une maigre consolation
À l'Association des Clubs francophones de Football, on transforme aisément un maigre lot de consolation en une fantastique récompense : avec une nouvelle division scindée entre la Wallonie (et Bruxelles) et la Flandre, "on serait assuré d'avoir un montant, chaque année, vers la D1B", garantit le chairman. "Les Flamands sont prêts à le concéder."
Positif ! En théorie, la nouvelle série potentielle offrirait même des belle affiches et d'alléchants derbies. En pratique, par contre, elle coincerait bien vite.
En l'état, rares sont les clubs prêts à introduire une demande de licence pour la première division amateur. Cette année encore, à peine trois équipes de D2 ACFF ont obtenu, non sans mal, le sésame administratif : Namur, Tubize et La Louvière Centre.
Difficile d'imaginer la viabilité d'une telle série (ndlr : faute de clubs en règle, la D1 ACFF ne se composerait que de 8 à 12 clubs). Sur le long terme, bien souvent, ce n'est pas le sportif qui coince, ce sont les complexités administratives. Face à ces difficultés, l'ACFF pense à faciliter les règles en matière de licence.
Sauf qu'en allégeant, encore et encore, les conditions d'obtention de la licence de la D2 ACFF vers une éventuelle D1 ACFF, non seulement les clubs tomberont naturellement dans la simplicité mais finiront, en plus, par refuser de se mouiller pour l'introduction d'une licence, professionnelle cette-fois, vers la D1B.
Déplacement du problème
En d'autres mots : l'actuel problème de la D2 ACFF serait déplacé vers la D1 ACFF qui, au fil de la saison, perdrait en attractivité, enjeu, intérêt et qualité. À quoi bon disputer un championnat complet si, au final, le champion refuse de monter ?
À force, faute de clubs wallons en ordre, on risque même de se retrouver avec un montant unique vers la D1B : un candidat de l'aile flamande, la rigueur administrative étant toujours plus poussée parmi les écuries du nord du pays.
"Je suis sûr que ce serait profitable pour le football francophone", termine Delferière. Laissez-nous sincèrement en douter.
Pour le fun (et le fun seulement), sur base des derniers classements, voici à quoi ressemblerait la nouvelle division si elle devait se lancer dès cette année : Binche, Charleroi U23, La Louvière Centre, Meux, Namur, Olympic, RAAL, Rebecq, Tubize, Virton, Visé et Warnant. Une réalité en 2024-2025 ? Réponse fin juin.
- Illustration : RAAL La Louvière
