Avec Remco Evenepoel et Wout van Aert, le cyclisme belge s'offre une vitrine à l'international. Les deux légendes vivantes masquent pourtant une réalité beaucoup moins réjouissante.
En Wallonie et à Bruxelles, les jeunes coureurs sont peu nombreux et les occasions de rouler se raréfient.

Si l'on s'en tient au sommet de la pyramide, le cyclisme belge semble se porter à merveille. Evenepoel est double champion olympique, tandis que van Aert est l’un des coureurs les plus populaires au monde. De son côté, la Belgique continue de collectionner les succès internationaux.
À peine 6.000 affiliés en Wallonie
Néanmoins, ces champions cachent une réalité bien différente, particulièrement en Wallonie. D'après les derniers chiffres officiels, la Fédération Cycliste Wallonie Bruxelles (FCWB) compte aujourd’hui un peu plus de 6.000 affiliés.
Parmi eux, moins de 30 % ont moins de 18 ans. Une pyramide des âges suffisamment préoccupante, au point d'être évoquée en mars dernier au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB). Jacqueline Galant, ministre des Sports, pointait même un "déséquilibre important."
Près de neuf fois plus de coureurs en Flandre
La comparaison avec le nord du pays donne le vertige. Selon le rapport annuel 2025 de Belgian Cycling, Wallonie Bruxelles Cycling comptait 6.295 membres, contre 54.817 pour Cycling Vlaanderen. C'est près de neuf fois plus de coureurs.
Le problème ne se limite pas au nombre de pratiquants. Encore faut-il permettre aux jeunes de courir. Belgian Cycling reconnaît elle-même une réduction progressive du nombre de courses et de licences.

Manque de bénévoles, coûts d’organisation, contraintes administratives et sécuritaires et autres difficultés à trouver des parcours adaptés : autant de facteur qui fragilisent les compétitions régionales, pourtant indispensables à la formation.
Face à ce constat, la FWB a d’ailleurs décidé de réagir. Depuis 2025, elle soutient notamment Young Devo Cycling, à hauteur de 250.000 euros par an, afin de renforcer la formation et de susciter de nouvelles vocations.
Un ancien pro à la rescousse
Sur le terrain, d’autres initiatives apparaissent également. À l'image des courses de l'Echappée du Hainaut (EdH), que l'on doit à Marc Bouillon, le régional de l'étape.

Ancien coureur professionnel, le Sonégien est aujourd’hui à la tête de l'EdH. Celui qui a, entre autres été vainqueur de Cholet - Pays de Loire en 1993 et deuxième du Grand Prix de Wallonie en 1992, tente désormais de redonner une place aux jeunes dans les pelotons régionaux.
Au début du mois d'août, l’Echappée du Hainaut a ainsi organisé, à Seneffe, une première compétition réservée aux jeunes. Une petite trentaine de jeunes coureurs ont participé à l'événement. L’objectif est désormais de greffer ces catégories aux différentes manches du circuit. La prochaine épreuve se déroulera à nouveau dans la région du Centre, le 16 août prochain, du côté de Louvignies.
Sur les traces de Remco et Wout
Une initiative modeste à l’échelle du cyclisme belge, mais symptomatique d’un besoin devenu urgent. Si la Belgique possède encore des champions capables de gagner les plus grandes courses du monde, leur réussite ne garantit pas l’avenir de toute une discipline.

Avant de rêver de devenir le prochain Remco ou Wout, encore faut-il avoir un club pour apprendre... et une course à laquelle participer.
- Illustration : Centre Sports
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