Söner Yurdakul viré de Manage : un licenciement silencieux… mais collégial

Le football est cruel. Encore plus pour Söner Yurdakul.

Comme à la RAAL, comme à l’Entente Binchoise, comme à La Louvière Centre, comme à l’Olympic. À Manage, Söner Yurdakul a quitté ses fonctions par la petite porte, après un piètre bilan de deux points sur quinze. Mardi dernier, en milieu de soirée, la direction des Verriers annonçait le licenciement de son entraîneur.

"C’est une décision collégiale des dirigeants qui ne peuvent se satisfaire du bilan", a commenté Alex Cernero, directeur sportif des Bleus, à nos confrères de Sudinfo. Objectif : "Tenter de provoquer un électrochoc."

Sorti de sa retraite pour se dédier au solide projet manageois, le Belgo-Turc avait pourtant réalisé de belles choses : une montée historique en D2 ACFF, suivie d’une première saison réussie au quatrième échelon national. Cet été, les sociétaires du Scailmont affichaient leurs ambitions : accrocher une place au tour final et, à moyen terme, viser la D1 ACFF.

Mais pour Yurdakul, la belle histoire s’est arrêtée brutalement. Le citoyen du Centre a payé le prix d’une entame de championnat ratée, marquée par trois lourdes défaites et deux maigres partages.

Discrétion affirmée

Discret dans les médias, l’entraîneur est resté fidèle à ses principes. "Ne comptez pas sur moi pour polémiquer. Ma vie continue, hors des réseaux sociaux et c’est très bien ainsi", a-t-il laconiquement commenté dans les colonnes de La Nouvelle Gazette, estimant avoir néanmoins rempli ses engagements.

L’homme, toujours droit dans ses bottes, n’a jamais été du genre à souffler sur les braises : "Il parle peu, mais quand il parle, c’est qu’il a quelque chose à dire. Tout le monde l’écoute", nous confiait dernièrement un proche du vestiaire. "Sans long discours, sur le terrain, chacun savait ce qu’il devait faire."

Söner a toujours préféré envoyer ses acolytes au casse-pipe, devant la presse, même lors des traditionnelles interviews d’après-match. Cette humilité à toute épreuve, louée par certains, a peut-être fini par jouer contre lui.

Car ces dernières semaines, quelque chose semblait avoir changé. Les intervenants médiatiques n’étaient plus les mêmes, les consignes venues du banc se faisaient plus discrètes. Et, hasard ou pas, les feuilles de match le mentionnaient parfois comme adjoint, voire... commissaire au terrain.

Un sage qui a vu rouge

Yurdakul lui-même paraissait ailleurs. Lors des cinq premières journées, le coach a écopé de quatre cartons : trois jaunes, un rouge et deux exclusions. Lui qui n’a jamais eu peur de mettre le pied en tant que joueur semblait avoir perdu son flegme d’entraîneur, pourtant réputé pour sa sagesse.

Au fond, était-il encore l’homme de la situation ? On aurait tendance à penser que oui. Parce que son groupe, avec peu de départs et quelques recrues ciblées, semblait taillé pour jouer les trouble-fêtes dans la division. Hélas, le football ne se résume pas aux impressions et aux ressentis.

Söner Yurdakul à Manage : l'image appartient désormais au passé. © Rosario Franciamore

Quand un entraîneur tombe, c’est parfois parce que le message se brouille, que l'écho faiblit. Quand on parle peu, il n’y a rien de pire que de ne plus être entendu. Dès l'instant où les regards se détournent ou que les gestes traduisent autre chose que l’adhésion, le verdict est déjà en marche.

À l'avenue du Scailmont, le vestiaire avait sans doute déjà tourné la page avant même que la direction ne la referme. Dans la Cité du Verre, c’est désormais une autre voix qui doit se faire entendre.


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