L’arbitrage tourne-t-il vraiment au fiasco en Pro League ?

Depuis des semaines, en Challenger Pro League, l'arbitrage fait grincer des dents.

Souvent à sens unique, les décisions litigieuses se multiplient. Qu'elles soient engagées dans la course au titre, aux play-offs ou au maintien, de nombreuses formations se plaignent des prises de position - parfois tendancieuses - des hommes en noir.

Selon qu'on titille les sommets de la première division nationale ou que l'on bataille pour éviter la lanterne rouge de l'ultime échelon provincial, l'argument arbitral occupe une place prépondérante dans la vie des clubs.

À l'instar des supporters, joueurs et entraîneurs ont la fâcheuse habitude de justifier un revers par une erreur de jugement. Tantôt un penalty offert, tantôt une faute oubliée, tantôt encore un but refusé. Ces arguments s'accompagnent généralement des éternels calculs d'apothicaires : "Avec les deux points perdus là-bas et les trois volés ici, nous serions à quatre unités de notre objectif", peut-on lire ou entendre dans le plus grand des sérieux.

À La Louvière, après des années d'abstinence, de tels discours sont réapparus. Ça peut se comprendre : au Club NXT (2-1), les Loups ont perdu trois points après avoir vu un but injustement annulé. Contre Zulte Waregem (0-0), les Verts auraient dû bénéficier d'un penalty. Bien que groggy, le président Salvatore Curaba a préféré relativiser, estimant que de telles décisions s'équilibrent au fil d'une saison.

Des erreurs... même en cas de succès

Face à Seraing (4-1), les Centraux ont concédé un but à la suite d'une faute de main discutable dans leur rectangle. Le penalty inscrit faisait suite à un penalty oublié par M. De Kayzer, quelques instants plus tôt, en faveur des Louviérois. Avec la large victoire finale, personne - ou presque - n'a relevé l'aberration.

Au RWDM, candidat à la montée et concurrent de la RAAL dans la lutte vers la Jupiler Pro League, les erreurs d'arbitrage sont également constantes. "En deuxième division, le niveau de l'arbitrage est catastrophique", souffle l'excellent Julien Denoël, suiveur de Molenbeek pour La Capitale. "Contre Jong Genk (ndlr : face à qui les Bruxellois se sont imposés), on a vu un but annulé pour hors-jeu. Au ralenti, les joueurs sont pourtant situés à un mètre derrière les défenseurs. Chaque semaine, des erreurs d'interprétation se produisent. Elles sont incompréhensibles."

Le week-end dernier, les Francs Borains ont eux aussi été victimes d'une sanction dévastatrice. Lokeren s'est ainsi offert, en toute fin de partie, une victoire inespérée à la suite d'un penalty cadeau.

À l'inverse, à Waregem, on a souvent le sentiment qu'une supériorité divine, voire un ange gardien portant un maillot différent, veille sur les pensionnaires du stade Arc-en-Ciel. Lors de la rencontre du 25 janvier 2025 entre Essevee et Eupen (3-2), deux cartons rouges ont été dégainés légèrement. Hasard ou pas : la faute amenant la première exclusion controversée, réduisant les Germanophones à dix alors qu'ils menaient 0-2, n'est même pas visible sur le résumé officiel de la Pro League.

Le hic, c'est que l'arbitrage pose toujours question. L'histoire récente a démontré qu'avec ou sans assistance vidéo, certains choix du corps arbitral restent troubles. S'ils sont incontestablement des acteurs du jeu, pourquoi ne sont-ils pas mis dans des conditions similaires à celles des clubs ? Imaginons, un instant, un point presse où l'homme en noir justifie une décision cruelle, comme un coach doit se défendre d'un choix tactique douteux lorsqu'il est mis sur le pilori de l'interview d'après-match.

Poussons la réflexion plus loin. Afin d'humaniser le referee et ses équipes, il serait même judicieux de rendre publics les propos échangés au micro entre l'arbitre, les juges de ligne et l'équipe du VAR quand l'occasion s'y prête. Histoire, aussi, d'apaiser les éventuelles tensions, de blanchir les arbitres et de faire cesser les bruits selon lesquels certaines équipes seraient avantagées par rapport à d'autres.

La sagesse d'une remise en question

Enfin - et surtout - avant de se plaindre de l'arbitrage, les clubs doivent aussi avoir l'honnêteté d'admettre que si une contre-performance existe, c'est qu'elle est le résultat de la prestation d'une équipe (onze joueurs, auxquels il faut ajouter les remplaçants et le staff) sur un peu plus de nonante minutes… et non sur la décision d'un seul homme.

Comme l'a dit un grand philosophe : "On peut t'annuler un but, pas quinze."

Précision. Cet article a été rédigé avant la rencontre des Loups au Patro. Une fois de plus, l'arbitrage est au coeur du débat. Et pour cause ! Jamais M. Lettelier et ses assistants n'ont donné le sentiment d'être à la hauteur de l'affiche. Entre un but injustement annulé et des erreurs d'appréciation dans chaque camp, l'homme en noir a animé les débats. Est-ce pour autant lui qui se loupe sur une balle de 0-2, sur l'exclusion logique de Belkheir ou sur l'incompréhensible montée au jeu de profils offensifs à cinq minute du terme ? Poser la question, c'est y répondre.


Un commentaire sur “L’arbitrage tourne-t-il vraiment au fiasco en Pro League ?

  1. Article très intéressant et malheureusement vrai à 95% et ayant été arbitre moi même pendant 30ans. A l’époque un arbitre qui loupait son match ( cela peut arriver comme les joueurs aussi) se retrouvaient dans la division inférieure pendant quelques temps.
    Trop peu d’arbitres à l’heure actuelle et de telles sanctions n’existe plus malheureusement.

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