En Belgique, l'arbitrage n'a pas bonne presse. Et ce n'est pas prêt de changer.
Il y a un peu plus d'une semaine, le derby du Centre de P2B opposant Houdeng (1er) à Athènes Ressaix (10e) s'est soldé par une victoire des Spirous (3-2). Malmené durant une bonne partie de la rencontre, le leader s'est finalement extirpé du piège tendu par les Spartiates en l'emportant dans les derniers instants de la partie.
Si le RFC Houdinois se rapproche un peu plus d'un retour parmi l'élite provinciale, ce n'est pas le résultat qui a fait parler de lui... mais bien la prestation de l'homme en noir, coupable - selon les Athéniens - de deux erreurs flagrantes.
Deux phases litigieuses
La première concerne une faute de main, amenant le penalty égalisateur des locaux. La seconde fait suite à une phase offensive sur laquelle l'arbitre est percuté par un Ressaisien tentant de récupérer le cuir.
Sans surprise, ou presque, ce sont ces deux moments-clés qui ont animé les interviews d'après-match. "On a été volé par l'arbitre", a affirmé Erol Sen, coach d'Athènes Sport, à nos confrères de Sudinfo.
"Il y a, à la police, un dossier en cours impliquant cet arbitre et notre club pour des faits antérieurs (ndlr : Athènes - Hensies, du 17 septembre 2023). On ne comprend donc pas que le comité provincial, qui était présent (...) ait opté pour cet arbitre pour match d’une telle importance", ajoute le mentor bleu et blanc.
Sur les réseaux sociaux, nombreux étaient les footeux à se positionner sur la phase du penalty, sans doute la plus tendancieuse. À l'unanimité, ou presque, il en ressort que le referee s'est planté.
Et ça arrive. Chacun a le droit de se tromper, y compris les arbitres. Là où l'histoire prend une fâcheuse tournure, c'est qu'une personne est attaquée ad hominem. Le garant de l'autorité sportive, voire de la tenue du match, est accusé sur la place publique. Sur Facebook, les commentaires se déchaînent, les théories du complot pleuvent.
À tort ? À raison ? Qu'importe. L'objectif n'est pas non plus de défendre l'arbitre. Simplement de réaliser qu'il s'agit d'un homme (seul, faut-il encore le rappeler, étant donné l'absence de juges de ligne en-dessous de la P1), avec ses qualités et ses défauts, qui tente lui aussi de prendre du plaisir dans l'exercice de sa passion, un dimanche après-midi.
Vers la mort de l'arbitrage
L'arbitrage traverse une période compliquée, particulièrement en province de Hainaut. Si, en plus, les derniers des Mohicans sont condamnés à chaque coup de sifflet, il n'y a rien d'étonnant à constater que de plus en plus de rencontres de divisions inférieures (de P4, voire P3) se disputent sans arbitre officiel.
Déplorable... Mais est-ce vraiment surprenant ? De bonne source, on sait par exemple qu'un arbitre sifflant régulièrement en Jupiler Pro League a récemment été insulté et incriminé, à l'écrit, par une personnalité politique suite à une "erreur" à l'encontre de son équipe chérie. Ce n'est pas une première. C'est même récurrent. De tels comportements sont bien tristes et n'aident pas le football.
S'en prendre à l'arbitrage, c'est hélas un argument faible, trop souvent utilisé pour ombrager une désagréable réalité sportive.
Contacté par Centre Sports afin de réagir à cette rencontre, ainsi qu'à la situation de l'arbitrage en Belgique, l'homme en noir de RFC Houdinois - Athènes Sport Ressaix n'a pas donné suite à notre demande.
- Illustration : Antenne Centre Télévision
