Depuis plus de quinze ans, le football belge est réformé à toutes les sauces.
Si les play-offs de la Jupiler Pro League ont un temps été contestés, ils présentent aujourd’hui un véritable intérêt et garantissent une fin de championnat à rebondissements. La formule actuelle est convaincante. Pour preuve, ces dernières années, les équipes belges engagées dans les compétitions européennes se montrent de moins en moins ridicules. Elles sont même carrément redoutables.
Pourtant, à l’ombre du football business, les clubs amateurs trinquent. La scission linguistique du football amateur belge ressemble à une farce. Initiée en 2016 (création des D2 et D3 amateurs francophones, ainsi que des D2 et D3 amateurs néerlandophones) et finalisée en 2024 (séparation de la Nationale 1 en deux ailes : l’une wallonne, l’autre flamande), la réforme montre déjà ses limites.
L'ambition de ses moyens
En D1 ACFF, après la phase classique du championnat, les six premières équipes du classement disputeront une place en Challenger Pro League durant les play-offs. Six ? Quatre plutôt. Voire trois… ou une seule. Tandis que Rochefort et Stockay ont rangé leur ambition de football professionnel au placard, faute de moyens financiers suffisants, Virton, Tubize, Mons et l’Olympic lutteront pour l’unique place vers la D1B.
Ironie de la situation : à l’heure d’entamer ces Champions Play-Offs, aucune équipe n’a la certitude de recevoir sa licence. Hormis le RAEC Mons, dont le projet se veut ambitieux, les poursuivants reposent sur des bases friables.
Le meilleur exemple ? L’Olympic de Charleroi. Les Dogues, en tête de la série, sont dans une constante incertitude. Jamais, ces dernières années, les Olympiens n’ont décroché leur licence pour le football professionnel. Avec un stade en ruines et une situation économique trouble, difficile d'imaginer une issue favorable et un retour sur le devant de la scène pour le matricule 246.
Dans l’autre partie de tableau se jouent les Play-Downs, où il conviendra d’éviter les deux dernières places. Aujourd’hui, l'ultime position est collée à la peau des U23 du Standard de Liège, dirigés par Sébastien Grandjean. Antépénultième, la RUS Binche a encore son sort entre les pieds.
Même son de cloche en Flandre
Le constat est sinistre : cette compétition ne ressemble à rien. Un simple mauvais plan de l’ACFF ? Pour une fois, ce n’est pas le cas. Du côté de la VV également, les clubs se regardent pour trouver un candidat à envoyer en Pro League. Rares sont ceux à se risquer au jeu du football professionnel. En l’état, seule l’équipe B de La Gantoise répondrait aux critères pour évoluer à l’échelon supérieur.
Tout ça pour en venir à une réflexion bien simple. Face à ces divisions amateurs indigestes, dont le niveau est résolument médiocre, ne serait-il pas opportun de rétropédaler ? La réunification des ailes francophones et néerlandophones représente une alternative cohérente, bénéfique pour le développement du football amateur à travers toute la Belgique. Pas seulement pour la N1, mais pour tous les échelons amateurs du niveau national.
Des affiches sans intérêt
L’argument selon lequel on serait heureux de se coltiner un choc entre Meux et Seraing B en D2 ACFF ou un duel au sommet opposant Flénu à Arquet en D3 ACFF n’a pas de sens. Soyons honnêtes : certaines formations évoluant aujourd’hui au niveau national se contentent de prétentions... provinciales.
On ne leur jette pas la pierre, que du contraire. En revanche, le spectacle est affligeant et les ambitions de ces formations se réduisent comme peau de chagrin. Là où, autrefois, Flamands et Wallons se répartissaient les rôles. Là où, dans le temps, on prenait encore du plaisir au stade.
Quand est-ce qu’on réforme tout ça ?
- Illustration : Centre Sports
