Piste en chantier, pelouse dégommée et partage contesté.
Avec la future érection d'un nouveau stade à La Louvière, le Tivoli vit ses dernières heures. Du moins, dans sa configuration actuelle. À l'article de la mort, l'antre des Loups continue de faire parler de lui. Et pas nécessairement en bien.
Le premier souci n'est pas neuf. Il remonte à l'été dernier, au commencement des travaux de la piste d'athlétisme. Déjà à l'époque, on se demandait comment un chantier d'une telle ampleur pourrait se terminer dans le délai imparti. Pour rappel, la Ville de La Louvière imaginait la fin du chantier pour le mois d'août.
Piste toujours en chantier
De problèmes en problèmes, l'ouvrage a d'abord été reporté à l'automne. Maintenant, c'est au printemps et au retour des beaux jours qu'il faut se référer. À ce rythme, la fin de l'opération pourrait même être reportée à la semaine des quatre jeudis.
"Il faut que la température extérieure soit positive et qu'il fasse sec pour que le synthétique, dernière couche du revêtement de la piste, soit installé", indique Pascal Drugmand, l'un des responsables de l'ACLO, à la DH. "Une fois cette couche appliquée, il faudra encore effectuer le marquage au sol ainsi que l'homologation. Nous croisons les doigts pour pouvoir bénéficier de la piste pour le mois de mai, mais rien n'est moins sûr." Aux dernières nouvelles, la société allemande, en charge des travaux, est à l'affût.
Autre sport, autres soucis. La RAAL et l'URLC, les deux autres locataires du Tivoli, se plaignent ainsi de l'état de la pelouse, pourtant remplacée en juin, avant le coup d'envoi de l'EURO WU19 en Belgique. "De quoi permettre aux jeunes joueuses d'évoluer dans les meilleures conditions", louait alors le bourgmestre Jacques Gobert.
Pelouse en piteux état
Seulement, remplacer un gazon n'est pas toujours une solution miracle. Nombreux sont les stades, les clubs et les villes à répéter la manipulation régulièrement, tant les facteurs pour l'enracinement, l'irrigation et le maintien d'une verdure en bon état sont nombreux, voire aléatoires. En résumé, la pire solution a peut-être été de remplacer l'ancienne pelouse, plus résistante que la nouvelle et considérée, vingt ans en arrière, comme l'une des plus belles du pays.
Comme si cela ne suffisait pas, avec la venue d'Anderlecht en Coupe de Belgique, le stade louviérois a connu un rythme effréné avec trois matchs sur la semaine. De quoi bousiller un peu plus l'équilibre du rectangle vert et remettre sur le tapis le sujet controversé du partage des infrastructures sportives.
En résumé, comme l'ont relaté nos confrères d'Antenne Centre, la RAAL La Louvière verrait d'un bon œil le retour du matricule 213 à Dienne, fief historique des Unionistes. Une proposition qui ne plaît ni au club basé à Haine-Saint-Pierre, ni aux autorités communales, se référant à la convention signée avant chaque début de saison concernant le partage des infrastructures.
Une alternative au Tivoli
Toujours dans l'optique de réduire la fréquentation problématique de la pelouse tivolienne, la meute du président Salvatore Curaba a proposé de déplacer à la Wolves Academy les rencontres initialement prévues à La Louvière, y compris celles de l'URLC.
Là encore, la Ville de La Louvière et l'Union Royale La Louvière Centre campent sur leur position. Et on ne peut pas leur jeter la pierre : on ne change pas les règles du Monopoly en cours de jeu.
Parmi les supporters, les camps s'opposent. Certains trouvent légitime de renvoyer les ex-Pierrots sur la terre de leur ancêtre rouge et bleu. D'autres condamnent cette réflexion, légitimant l'URLC qui occupe, faut-il tout de même le rappeler, le Tivoli depuis douze années.
Quant à une migration, ne serait-ce que provisoire, vers le complexe Saint-Julien de Strépy-Bracquegnies, elle engendrerait d'autres questionnements, tels que l'emplacement des abonnés, la visibilité des partenaires, l'accessibilité au stade, la gestion du public ou encore la sécurisation du site un soir de match.
Qu'on se le dise, la seule alternative réaliste consiste à (ré)apprendre à jouer au football dans la gadoue.
- Illustration : Centre Sports
