Cette fois, c'est la bonne. Après un première tentative freinée par les autorités communales en 2021, la RAAL a dévoilé la seconde mouture de son projet de nouveau stade à La Louvière.
Le futur écrin des Loups, érigé à côté de l'actuel Tivoli, devrait sortir de terre entre 2025 et 2026.
La nouvelle infrastructure se décrit comme "un stade urbain favorisant la mobilité douce", incarnant à la fois "un projet sportif, culturel et citoyen."
Malgré la sobriété des lieux et sa taille humaine, le dessein se veut ambitieux, colossal même. N'en déplaisaient aux assidus des réseaux qui rechignent sur la capacité totale de l'arène, s'élevant à 8 050 places.
Une place à 2 000 euros
"Un siège revient à 2 000 euros. Faites le calcul. Celles et ceux qui exigent 10 ou 12 000 places peuvent mettre la différence", a plaisanté Toni Turi durant la présentation officielle, chiffrant le budget total à près de 17 millions d'euros.
Un coût important, intégralement pris en charge par le club vert et blanc (ndlr : à l'exception des espaces publics, financés par la Ville de La Louvière), qui deviendra ainsi propriétaire de son propre stade doté d'une pelouse synthétique. Cela étant, les portes du temple restent ouvertes à l'accueil d'autres écuries et événements sportifs, moyennant certaines modalités.
Il y a deux ans, on s'en rappelle, l'aspect esthétique avait été pointé du doigt. Cette fois, un bon compromis semble avoir été trouvé.
Les zones de stationnements, à proximité directe de l'enceinte, seront limitées. Les abords de la tanière, tels que dévoilés sur les esquisses, laissent place à la verdure et à l'art.
La touche Franco Dragone
L'art, justement. Conseillée par Franco Dragone avant son décès, la meute a ainsi sollicité l'artiste local Daniel Pelletti pour illustrer la riche histoire de La Louvière et de la région du Centre, en quarante tableaux.
Ces tableaux, de 24 mètres carrés chacun, formeront ainsi l'enveloppe extérieure du stade. "De manière à ce qu'une galerie d'art soit visible, de jour comme de nuit, au cœur de La Louvière", précise la Galerie Nardone, où a notamment exposé Pelletti.
La déception, s'il faut la relever, réside dans la catégorie UEFA de la tanière raalienne. Située à deux, sur une échelle de un à quatre (ndlr : elle pointait à trois dans le précédent projet), l'enceinte ne peut accueillir "que" les tours préliminaires de la Coupe d'Europe.
Au pire, si qualif' en Ligue des Champions ou en Europa League, les Louviérois joueraient à Charleroi. On n'y est pas encore... mais ça s'est déjà vu par le passé.
La dernière étape, la plus difficile, demeure à présent dans la matérialisation du projet, de l'idée à sa réalisation. Depuis 2013, seule La Gantoise a réussi cet exploit.
La Louvière, terre sacrée du surréalisme belge, se dit prête à relever le défi.
- Illustration : RAAL La Louvière
