Plus encore qu'il y a deux ans, cette rencontre de prestige entre la RAAL La Louvière (N1) et le RSC Anderlecht (D1A) est à placer sous le signe des retrouvailles.
Inévitablement, quand on parle de Loups et de Mauves, il est question d'Ariël Jacobs et Silvio Proto. Les deux hommes, respectivement entraîneur et gardien des deux clubs, sont des légendes vivantes dans la Cité des Loups comme au Parc Astrid.
Jacobs a conduit la meute à son premier sacre, son unique au plus haut niveau. Quant à Proto, il est le dernier Loup à avoir été international belge durant son épopée tivolienne. “Aujourd'hui, je me sens même beaucoup plus proche de La Louvière que d'Anderlecht”, confie l'ancien portier du Tivoli, souvent dans le giron de la Wolves Academy, proche de Salvatore Curaba.
Désormais directeur sportif d'OHL, l'emblématique entraîneur se montre quant à lui admiratif du travail accompli par la RAAL. Il ne s'en était d'ailleurs pas caché, il y a deux ans, au moment de préfacer le précédent duel de Coupe de Belgique entre les deux formations, se disant “à l'affût de l'actualité du club” et surpris de “constater l'évolution des infrastructures.”
"À La Louvière, la victoire était plus rare, ce qui lui procurait une autre saveur"
Questionné sur ses expériences dans le Centre et à la Capitale, il s'était montré assez franc : “À Anderlecht, où le club joue sur les trois tableaux, les attentes sont fortes. Les médias, l'opinion publique et les supporters estiment que vous allez tout gagner, que vous devez tout gagner. D'une certaine manière, ça normalise la victoire. À La Louvière, la victoire était plus rare mais avait aussi une autre saveur. Le succès prenait encore plus de sens.”
Pour un certain Nicolas Frutos, la rencontre de mardi s'annonce aussi riche de sens. En effet, depuis le mois de mai, l'ex-buteur et ancien entraîneur du RSCA occupe le poste de directeur technique du matricule 94.
Investi dans sa tâche mieux que quiconque, l'homme a insufflé une énergie nouvelle au cœur de l'institution verte et blanche qui manquait, jusqu'alors, d'une véritable figure de proue. Une pointe de professionnalisme par-ci, une touche de rigueur par-là et voilà les Centraux définitivement armés pour rejoindre la Pro League.
Pau vs. Flips : des Ch'tis au Tivoli
De retrouvailles, il en est aussi question pour Maxime Pau. Le milieu de terrain, étincelant depuis le début de la saison, va croiser la route d'Alexis Flips. Formés à Lille, les deux gamins de la génération 2000 sont des amis d'enfance.
“On a joué dix ans ensemble. Nous vivions à deux minutes l'un de l'autre,” explique d'ailleurs le maître à jouer du Tivoli. Un choc particulier pour les deux potes, dont les taquineries lancées en amont vont se ressentir sur le terrain. “On s'est déjà chambré par message mais on a hâte de s'affronter.”
Un match spécial pour plusieurs footballeurs actuels passés par les deux camps. Citons ainsi le défenseur Emmanuel Sowah, le capitaine Mohamed Soumaré, la pépite Jorn Vancamp ou encore l'expérimenté Mike Vanhamel : “C'était entre 2001 et 2005, en équipe de jeunes,” rembobine le portier de 33 ans. “À l'époque, il n'était pas facile de monter en équipe première. J'évoluais, en élite, aux côtés de Sven Kums, Vincent Kompany et autres Dries Mertens (tiens, tiens… encore un que l'on a déjà aperçu avec une écharpe verte et blanche autour du cou).”
"Si je marque, je ne célèbre pas car j’ai du respect pour Anderlecht"
Quant à Vancamp, tout comme Sowah d'ailleurs, il a tout simplement vécu le 34e - et dernier - titre de champion de Belgique du côté bruxellois, en tant que joueur. “Si je marque, je ne célèbre pas car j'ai du respect pour Anderlecht,” a-t-il prévenu au micro d'Antenne Centre. “En revanche, si on se qualifie, je ne vais pas me priver de faire la fête.”
Besoin d'autres références ? Nous en avons. À foison, même. Parmi certains groupes de fans, l'amitié entre Anderlechtois et Louviérois n'est plus à démontrer… pour de bonnes (ou moins bonnes) raisons. Michaël Cordier, Orazio Schena, Enzo Scifo et Jan Van Steenberghe sont autant d'autres noms ayant côtoyé les familles raaliennes et anderlechtoises.
Même chose du côté des Mauves actuels. Cet été, Thorgan Hazard est revenu au pays. Un nom que l'on sait relativement proche de la région du Centre.
Hazard de retour sur ses terres
Thierry, le papa de la talentueuse fratrie, a porté les couleurs sacrées de la défunte Royale Association Athlétique Louviéroise. On se doute que le daron sera un spectateur attentif de la partie, Thorgan étant de retour sur sa terre natale, affrontant le descendant spirituel du club avec lequel le "padre" a brillé.
Enfin, pour votre serviteur dont vous lisez la Carte Blanche chaque lundi, à la fois féru de la cause louviéroise mais aussi passionné de l'OGC Nice, il sera l'occasion de - peut-être - revoir à l'œuvre d'anciennes (relatives) gloires de l'Allianz Riviera. À savoir, Kasper Dolberg et Kasper Schmeichel, passés cet été de la capitale azuréenne à celle de l'Europe.
Tout ce beau monde se retrouvera au Tivoli, dans un événement dont la région parle depuis des semaines. Cette effervescence, appréciable pour l'équipe phare du Centre, n'en sera que plus belle une fois l'exploit créé et la qualification empochée.
Effectivement, deux ans plus tard, nous savons ce que ça fait d'accueillir Anderlecht. Maintenant, tâchons de voir ce que goûte une victoire face à l'équipe la plus titrée du Plat Pays.
Pour que la belle histoire perdure.
- Illustration : RAAL La Louvière
