Quand les sportifs trouvent de bonnes excuses aux mauvais réflexes (et inversément).
"Il n’y a pas que l’alcool, la cigarette ou la drogue. Il y a aussi les femmes (sic)", renchérit Julien Bertoux, joueur hexagonal passé par La Louvière Centre entre 2015 et 2016.
"Les addictions sont bien plus nombreuses", embraie Pierre Parmentier. "On peut citer les jeux d’argent, les jeux vidéo ou la chicha. Cette dernière est extrêmement cancérigène."
Or, la plupart des joueurs en consomment. "C’est vrai, beaucoup de footballeurs fument la chicha, j’en ai connu à La Louvière et Seraing", avoue Bertoux. "Mais ça n’a pas d’impact (ndlr : c'est faux) sur les performances."
Le Français sait de quoi il parle. "À Seraing, un très bon ami était à la cigarette tous les jours. Les coachs étaient au courant. Je parle ici d’un vrai pro, qui a évolué en Ligue 1 et Ligue 2, avec plus de 300 matchs au compteur", explique-t-il.
"Des pros fument et boivent tous les jours"
"Avec lui, j’ai fait beaucoup de sorties sur Liège ou Hasselt… et nous ne carburions pas à l'eau. On s’est régulièrement retrouvé à quatre ou cinq joueurs, après les matchs, pour fêter des victoires ou décompresser ensemble après des défaites."
Lors de certaines soirées, les bouteilles se sont enchaînées. "Au petit matin, à l’entraînement, il m’est arrivé d’ouvrir mon sac et d’y découvrir une bouteille de vodka pleine, sans savoir comment elle s’est retrouvée là."
Pour Julien, ces instants de plaisir ne doivent pas ternir la carrière d’un joueur. "En France, j'ai côtoyé des professionnels qui fumaient et buvaient tous les jours, sans le moindre impact sur leur niveau. Tout est une question de morphologie. Un corps n’est pas l’autre et peut tolérer différemment toutes ces substances."
Parfois, les limites physiques sont atteintes : "À l’URLC, durant ma période louviéroise, un joueur s’est présenté à l’entraînement complètement ivre. Il sentait l’alcool à des kilomètres et ne savait pas mettre un pied devant l’autre. Le pire, c’est que ça s’est produit plusieurs fois."
Imbattables grâce à la malbouffe
À Sète, avec qui il a été champion de N2, le défenseur a également collecté d’autres histoires folles : "Avant les matchs en déplacement, des coéquipiers commandaient très souvent McDo. L’entraîneur était au courant… mais nous étions imbattables. Pourquoi changer un rituel de malbouffe s’il fonctionne bien ?"
La question, elle a évidemment été posée à des entraîneurs. Bien souvent, les résultats sportifs priment sur les mauvaises habitudes.
"Si ces superstitions apportent des bienfaits sur les résultats et les prestations, pourquoi s’en priver ?", s’interroge un mentor du Centre. "La plupart du temps, les joueurs sont majeurs et vaccinés. On ne peut pas constamment les surveiller sous prétexte qu’ils soient footballeurs."
Certains coachs vont même plus loin : "Ce sont certes des passionnés mais aussi des amateurs et des bénévoles, ne l’oublions pas. On ne peut pas leur enlever les petits plaisirs de la vie. Et puis, si des garçons pétris de talent n’évoluent qu’à l’échelon provincial, c’est qu’il y a une raison."
Et ça, ce n'est pas Guy Roux qui le dit.
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