Six mois après les grands débuts des U23 de la RAAL en D3 ACFF, la direction louviéroise a déjà annoncé que son équipe B ne serait pas reconduite lors de la saison 2026-2027. Et si cette décision, radicale, controversée et débattue la semaine dernière sur les réseaux sociaux, était moins mauvaise qu’elle n’y paraît ?
L’information a d’abord été lâchée par l’ACFF dans les colonnes de Sudinfo, avant d’être confirmée par le club lui-même. “Les raisons de ce choix stratégique sont avant tout sportives et visent à améliorer la post-formation de nos jeunes”, a communiqué la RAAL.
Traduction : plutôt que de miser sur l’équipe U23 lancée dans le grand bain du football amateur, La Louvière préfère se concentrer sur le groupe U21 qui évolue dans un championnat Élite. Cela permet aux Louveteaux “d’affronter d’autres formations Élite et de côtoyer des joueurs formés et destinés aux championnats professionnels belges.” En d’autres mots, en plus de l’impossibilité de faire cohabiter deux “réserves” compétitives, ces équipes U21 et U23 font doublon et dispersent les forces.
Était-ce judicieux de lancer une équipe U23 à la RAAL au coup d’envoi de l’exercice 2025-2026 ? Sans doute pas. Tout comme il était prématuré d’annoncer que le groupe emmené par Loris Viroux serait candidat aux premières places.
Après des années passées dans les méandres des divisions inférieures, La Louvière aurait dû savoir, mieux que quiconque, que des gamins découvrant le haut niveau amateur n’auraient pas l’étoffe suffisante pour rivaliser avec des adversaires à la fois expérimentés et aguerris.
Marasme total chez les U23
Rassurez-vous, ce constat n’est pas propre aux Loups. L’ensemble des équipes U23 alignées dans les divisions inférieures par des clubs de Jupiler Pro League traverse un championnat moribond.
Même le Club NXT, pourtant pourvoyeur des plus grands talents belges du Club de Bruges, est… lanterne rouge de Challenger Pro League, avec une maigre victoire au compteur. Seule l’Antwerp U23 - baptisée Young Reds - s’en sort un peu mieux, pointant à la 4e place en D2 VVB. Partout ailleurs, au sud comme au nord du pays, le marasme est total.
Le constat est limpide : l’intégration des équipes U23 de Pro League parmi les échelons inférieurs est un fiasco. Sportivement, c’est bancal. Financièrement, c’est onéreux. Pour les amoureux du football vrai, c’est d’un ridicule sans nom, avec des ambiances feutrées et des stades vides.
Un idéal qui a démontré ses limites
L’idéal de formation de jeunes footballeurs talentueux, prôné au lancement du projet par les clubs professionnels et la fédération, a démontré ses limites. Non, abandonner une équipe U23 n’est pas un aveu de faiblesse. C’est le courage de prendre une décision radicale, impopulaire certes, mais nécessaire.
Le cœur du débat est ailleurs, évidemment. Une partie du public reproche, depuis plusieurs années déjà, l’absence de gamins du cru au sein de l’équipe première. D’aucuns considèrent qu’en supprimant la RAAL U23, on rend impossible l’arrivée de jeunes talents dans le groupe professionnel.
C’est loin d’être une réalité. “Si un gamin est au même niveau, voire un peu en dessous, de ce qu’on possède déjà dans le groupe, on l’intégrera sans hésiter… mais on est aussi tenu de gagner des matchs”, avait d’ailleurs rappelé Frédéric Taquin, en début d’année passée, dans une interview accordée à Antenne Centre Télévision.
Non, la fin de l’équipe U23 ne signifie pas l’euthanasie de la formation louviéroise, ni l’arrêt définitif de l’intégration de jeunes en équipe première. Elle marque un tournant, que l’on espère stratégique, dans la vision et le développement de la Wolves Academy.
La direction est consciente que son salut, à terme, passe par l’éclosion de pépites qui alimenteront le groupe professionnel. Mais on ne forme pas des talents en un claquement de doigts. Encore moins quand on se rappelle ce qu’étaient le complexe Saint-Julien et la Wolves Academy à la renaissance de la RAAL, il y a… neuf ans à peine.
- Illustration : RAAL La Louvière

