La Louvière, là où Daniel Pelletti est devenu éternel

Si son art n’avait pas été sollicité pour orner les façades de l’Easi Arena, peut-être n’aurais-je jamais entendu parler de Daniel Pelletti. Sa disparition, le 4 janvier 2026, me serait sans doute passée au-dessus de la tête, comme tant d’autres noms que l’actualité effleure avant d’oublier.

Mais voilà : le destin en a décidé autrement. À force de passion, de travail et de talent, le nom de Pelletti s’est, un jour, intimement lié à celui de la RAAL. Sans le savoir, le peintre entrait dans la grande famille des Loups. Celles et ceux qui connaissent cette meute savent qu’on n’en sort jamais vraiment. Lorsqu’un des siens disparaît, c’est toute la tribu(ne) qui encaisse le coup.

Les conseils de Franco Dragone

L’idée d’introduire l’art au cœur de la future tanière est née de la volonté de Salvatore Curaba, nourrie par une rencontre décisive : celle avec Franco Dragone, autre figure emblématique du Centre. Très vite, une évidence s’est imposée. Avant même que le stade ne sorte de terre, sur les premières esquisses déjà, les œuvres de Pelletti prenaient place. Il serait l’homme des quarante tableaux. Celui qui transformerait une enceinte sportive en galerie à ciel ouvert.

L’art est subjectif, dit-on souvent. C’est vrai, mais il y a des œuvres qui dépassent le cadre. Personnellement, j’ai toujours besoin de comprendre l’homme derrière le pinceau, l’auteur derrière le livre. Parce que ce que l’on ne saisit pas au premier regard devient, parfois, limpide une fois raconté.

À ce jeu-là, Daniel Pelletti impressionne. À travers un reportage diffusé par Antenne Centre, j’ai pris la mesure de l’ampleur du travail. Le souci du détail. La cohérence d’ensemble. La patience. Le labeur. Rien n’a été laissé au hasard. Chaque toile participe à un récit global. "La Louvière là" (ndlr : c’est ainsi que l’œuvre tivolienne est baptisée) raconte la ville telle que ce Louviérois la voyait. Et désormais, telle que des milliers de regards la verront.

Une dernière œuvre iconique

Quand des cars scolaires s’arrêtent, en pleine semaine, aux abords du Tivoli pour permettre à des enfants de découvrir ces fresques monumentales, on comprend que quelque chose de fort a été accompli. Pas seulement pour le football. Pas seulement pour un stade. Mais pour une ville, une région entière.

L’œuvre de Daniel Pelletti ne se contente pas d’exister : elle vit. Elle interpelle. Elle traverse les générations. Elle s’ancre dans la mémoire collective.

La Louvière ne périra pas. Jamais. Elle continue de vibrer dans le cœur de celles et ceux qui la font exister, jour après jour. Même disparu, Daniel Pelletti en fait désormais partie. Présent dans les murs, dans les regards, dans cette ville qu’il a su peindre avec tant de justesse.

Pelletti est parti. Son art, lui, est là. Eternel.


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