Dès l'été dernier, des sources concordantes annonçaient une crise sportive sans précédent dans la Cité du Gille.
Pourtant, ce n'est qu'en ce début d'année que les maux profonds de la RUS Binche sont apparus à la surface. Coïncidence ? Après les importants investissements publics réalisés au stade Aimé Vachaudez, le bruit précipité d'une faillite aurait sans doute fait tache. Encore plus à l'aube d'une échéance électorale.
Assurés de quitter la D1 ACFF
À une journée de la fin des Play-Offs de D1 ACFF, les Lions espèrent toujours se sauver sportivement. En revanche, d’un point de vue administratif, les Binchois le savent : ils sont condamnés à la relégation.
Sans surprise, la RUSB n’a pas obtenu sa licence pour l’élite amateur. Le dossier transmis à la fédération, sous forme de gruyère, n’a pas fait le poids. Pour défendre sa place en D2 ou en D3 ACFF, le matricule 3835 va présenter un nouveau dossier. En cas d'échec, il pourrait encore faire appel. Toutefois, si elle venait à être recalée par la CBAS, l’entité noire et blanche se verrait renvoyée en première provinciale.
Cela dit, après des semaines de tempête, le ciel s’est quelque peu éclairci au-dessus de la rue du Cœur Dolent. Il y a une dizaine de jours, un conseil d’administration transitoire a repris la gestion des affaires courantes. Emmené par Jacques Bartolas et composé d’une demi-douzaine de personnes, le nouveau comité de direction est appelé à sauver les meubles.
L’ambition première est de pérenniser l’école des jeunes. Et cela se comprend : à terme, près de deux millions d’euros doivent être investis au stade Domenico Schena, à Leval-Trahegnies, où est basé le centre de formation. Engager un si gros chèque (dont un peu plus de la moitié est financée par la Région wallonne) en faveur d’une académie sur le déclin serait un non-sens.
D’autant que, dans le microcosme local, les investissements déjà consentis au bénéfice du football binchois font tiquer. Si la promotion du club au sein de l’élite amateur nécessitait de légitimes travaux de mise en conformité des infrastructures de l’équipe première (aménagements sécuritaires et sanitaires), d’autres chantiers interpellent. Notamment l’installation d’un nouvel éclairage afin de disputer des rencontres en nocturne.
Il apparaît que, pour évoluer en première division amateur francophone, l’éclairage n’est pas une nécessité. Pire : en milieu de saison, l’ancienne direction a reconnu que les matchs à domicile disputés le samedi soir n’intéressaient pas le public. Le club a même rétropédalé avant les Play-Offs 2, déplaçant chacune de ses rencontres à domicile au dimanche après-midi (sans parvenir à attirer un public plus nombreux).
Si les entraîneurs des jeunes ont été les premiers à faire part de leur mécontentement, avec une action de grève inédite dans notre football régional, les joueurs de l’équipe première se font à leur tour entendre. Avant même la fin de la saison, certains ont annoncé leur départ sous d’autres cieux en vue du prochain exercice.
Jacques Bartolas : "La masse salariale était supérieure aux rentrées"
D’autres, à l’image du capitaine Maxime Brichant, se sont lâchés : "Les anciens dirigeants nous ont vendu du rêve en prétendant, voici deux ou trois semaines encore, que la licence serait obtenue et les soucis financiers réglés. C’est un manque de respect total", a tonné ce dernier, à nos confrères de La Nouvelle Gazette.
Appelé à la rescousse, et préféré par les instances locales à d’autres projets aux relents folkloriques, le conseil d’administration actuellement en place travaille à régulariser la situation d’un club qui a vécu au-dessus de ses moyens. "La masse salariale était supérieure aux rentrées", indique le président dans La DH/Les Sports. "Aujourd’hui, nous devons budgétiser l’avenir tout en comblant ce trou. Nous devons être optimistes, nous trouverons des solutions pour continuer à avancer."
- Illustration : RUS Binche
