Royale Union Tubize Braine : candidate inattendue à la montée en Challenger Pro League

Pas à pas, la Royale Union Tubize Braine s'installe dans le paysage footballistique wallon. Née de la fusion entre l'AFC Tubize et le Royal Stade Brainois, la nouvelle entité surprend. À tel point qu'elle joue les trouble-fêtes en D1 ACFF et rêve secrètement de Challenger Pro League.

Il y a une quinzaine de jours, l'historique site du Sans Fond a été rayé de la carte. L'emblématique fief du Stade Brainois a disparu pour laisser place, d'ici une grosse année de travaux, à un complexe futuriste où des terrains de padel côtoieront ceux de foot-five, en plus d'une brasserie, d'un restaurant, d'une salle événementielle et d'un vaste parking.

Pourtant, l'âme du matricule 343 vit toujours. C'est à dix kilomètres de là que subsistent – un peu par procuration, avouons-le – ceux que l'on surnommait les P'tits Blancs. C'est là, sur la pelouse du stade Leburton, que deux familles sacrées ont scellé leur union, voici quatre ans.

D'un côté, les Langendries, dont le nom fait toujours écho dans le royaume du ballon rond. De l'autre, les Hazard, pour qui le patronyme a résonné (et résonne encore) à l'international. Si la courte distance entre les villes de Tubize et Braine-le-Comte a facilité les échanges, ce sont surtout les complémentarités qui ont rapproché deux clubs issus de provinces différentes. Le RSB est arrivé avec la fougue de la jeunesse et ses ambitions, là où l'AFC s'est distinguée avec ses infrastructures, son expérience et sa sagesse.

La montée en toute humilité

Pour la quatrième saison de son existence, la RUTB se porte plutôt bien. À peine promue en D1 ACFF, elle lorgne la première place des Play-Offs, synonyme d'accession directe à la Challenger Pro League. "Je ne vais pas interdire aux joueurs de gagner et de progresser. Si nous montons, cela se fera intelligemment et sans folie", commente Thierry Hazard au micro de Bel RTL.

À l'inverse de ses concurrents, Tubize Braine avance sans faire de bruit, préférant les actes aux discours. Pour preuve, les Blanc et Or devraient obtenir la licence D1B, essentielle pour évoluer à l'échelon professionnel. Sur le terrain, là où le noyau d’adversaires comme l’Olympic ou Mons semble plus talentueux sur le papier, la RUTB peut toutefois compter sur sa force tranquille pour coiffer les plus ambitieuses écuries. Avec un groupe homogène et essentiellement local, le fantastique Dražen Brnčić détient une équipe au potentiel insoupçonné.

La Royale Union Tubize Braine lève les yeux au ciel. © RUTB

Domiciliée dans le Brabant wallon, l'Union Tubize Braine n'est plus considérée (médiatiquement, du moins) comme une écurie du Centre. Pourtant, comme l'ont rappelé nos confrères d'Antenne Centre Télévision, la phalange brabançonne compte plusieurs régionaux dans ses rangs.

Citons Tyron Crame (ex-RAAL et URLC), Mavrick Debauque (ex-Binche, Manage et Braine), Louis Delhaye (ex-RAAL), Ethan et Kylian Hazard, Alexis Kerkhofs (ex-Soignies), Noah Stassin et Quentin Vanderbecq. "On joue tous l'un pour l'autre, on se connaît tous, tout le monde parle avec tout le monde : c'est effectivement très familial", a réagi Debauque, interviewé par ACTV. "C'est un beau mariage. Tout le monde s'est bien intégré et a suivi le projet."

En plus des Centraux, l'effectif composé en début de saison respire le potentiel et l'expérience. Gilles Denayer, Ismaël El Omari, Shean Garlito, Jonathan Hendrickx, Sami Lkoutbi ou encore Lorenzo Pršo (ndlr : fils du célèbre Dado, international croate) sont autant de garçons habitués à prester à haut niveau. Sur la pelouse, de tels profils peuvent faire la différence dans les moments-clés.

Un centre de formation performant

Avec un centre de formation doté de près de 500 jeunes, la Royale Union Tubize Braine se développe qualitativement. De l'extérieur, la nouvelle entité a tout pour réussir et perdurer.

Hélas, à l'instar de l'AFC Tubize d'antan, le public paraît trop clairsemé. Si la RUTB parvient à voir ses tribunes copieusement garnies lors de grosses affiches (pour la venue d'Anderlecht en avant-saison, ainsi qu'en Croky Cup), elle peine à déplacer les foules. La raison n'est pas à trouver dans la fusion. Qu'on se le dise, le BW n'est pas (encore) une terre de football, habituée à s'émouvoir chaque semaine pour un club.

Pourtant, il en faudrait peu pour changer les habitudes brabançonnes. L'alliance avec des Hennuyers, qui plus est du Centre, peut créer des émules. Et si la grande histoire s'écrivait au terme des Play-Offs de D1 ACFF ? Les coalisés ont un véritable rôle à y jouer. Ils pourraient profiter des incertitudes (extrasportives) olympiennes et (sportives) montoises pour faire sensation d'ici la fin de saison.


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