Tandis que les protégés de Salvatore Curaba réalisent un excellent début de championnat en Challenger Pro League, trois autres formations du Centre se dépatouillent dans l'ombre des divisions professionnelles.
En D1, comme en D2 ACFF, les Centraux ont disputé sept rencontres. À ce stade, il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. En revanche, la situation de nos clubs régionaux mérite d'être analysée. Intéressons-nous à l'entame de compétition de Binche (D1 ACFF), La Louvière Centre (D2 ACFF) et Manage (D2 ACFF).
Une réalité en relief
Du côté des Lions de la RUS Binche, le classement est trompeur. Si les hommes de Fabrice Silvagni se logent à une belle sixième place, ils doivent leur salut à plusieurs points glanés sur tapis vert. Sans ses leurs victoires par forfait (l'une face à l'Union Saint-Gilloise U23, l'autre face au SL16 FC), les Binchois occuperaient l'avant-dernière place du championnat, avec cinq unités, derrière Tournai, Namur et Rochefort.

Portée par ces succès extrasportifs, la RUS Binche préfère lorgner le haut de tableau. La prudence reste néanmoins de mise. Encore plus dans une D1 ACFF où chaque journée réserve son lot de surprises.
Toutefois, le stade Aimé Vachaudez, fraîchement rénové, sonne tristement creux en ce début d'exercice. En coulisses, des rumeurs concordantes et persistantes font état d'un profond désordre.
Cela explique-t-il pourquoi une écurie qui soigne autant son image en vienne à aborder chaque rencontre de championnat avec des maillots vieux de deux ans ? Étrange.
Des ambitions sans résultat
À son arrivée à La Louvière Centre l'hiver dernier, Steve Pischedda a annoncé un changement de mentalité dans les rangs centraux. Après des années de vaches maigres, sous la houlette de son nouveau directeur sportif, le club cherche à structurer son école de jeunes, tout en prônant la stabilité autour de son équipe première.
La présence de plusieurs éléments clés au sein de l'organigramme, dont le talentueux Yannick Pauletti, laissait présager un championnat ambitieux. Ce n'est, pour l'instant, pas le cas. Après sept journées, les Unionistes occupent la treizième place et ne comptent qu'une seule victoire, pour deux défaites et quatre partages.

L'objectif avoué en prélude de la compétition annonçait une montée à l'échelon supérieur. Pour l'heure, rien n'hypothèque cette ambition. Sportivement, le tableau n'est pas trop sombre. La défense, par exemple, se montre rigoureuse et figure parmi les meilleures de la série en ce début de championnat. En l'état, c'est surtout la finition qui fait défaut.
"J'ai entendu des choses négatives sur le club mais l'énergie, l'envie, le travail et le positivisme des gens désormais en place sont marquants", a insisté Pauletti, lors de son intronisation, dans les colonnes de la DH. Cela restera-t-il d'actualité si les résultats ne s'améliorent pas dans un futur proche ? À suivre.
Une réussite paradoxale
Au cours de son histoire, jamais l'Entité Manageoise n'a atteint un tel niveau. Avec sérénité, les Verriers franchissent les étapes une à une, laissant le temps au temps, maintenant une politique sportive cohérente, où se croisent jeunesse, expérience et sagesse.

Après un départ tonitruant en D2 ACFF, symbolisé par un partage et trois victoires, Manage accumule désormais les lourdes défaites. Avec les revers contre Acren Lessines (1-2), à La Calamine (4-0) et face à Schaerbeek (0-5), les joueurs de Söner Yurdakul ont souillé le travail réalisé jusque-là.
Si le capitaine Mateo Scohy s'est offusqué, auprès de nos confrères de Sudinfo, des neuf buts concédés par ses couleurs en deux rencontres, le mentor manageois s'est montré moins tendre, préférant "se taire, féliciter l'adversaire, se remettre rapidement et sérieusement au travail."
Les Verriers ont-ils surperformé, surfant sur la dynamique de leur montée, avant de retrouver leur véritable niveau ? Aux joueurs de démontrer le contraire.
- Illustration : Patrick Ferriol
