Notre série Long Format, dédiée à la montée de la RAAL en D1B, a animé l'été.
Il était impossible de l'achever sans rendre un ultime hommage à ces personnes qui ont porté le projet vert et blanc durant de longues années, dans l'ombre et la difficulté des divisions inférieures, jusqu'aux portes du football professionnel. Si la meute est désormais représentée aussi haut sur l'échiquier sportif belge, c'est aussi grâce à eux.
Eux, ce sont ces personnages cachés, mais certainement pas planqués, qui n'ont jamais cherché la lumière. Ils ont, dès les premières heures de la renaissance, contribué au rayonnement de l'institution.
Nicolas Baquet est l'un d'entre eux. En 2017, le duo qu'il composait avec Frédéric Taquin à Villers-la-Ville a pris une nouvelle dimension lorsqu'il s'est exporté à La Louvière. Si le mentor s'est rapidement focalisé sur l'équipe première, son éternel associé s'est quant à lui également investi auprès de l'école des jeunes, posant les bases de ce qu'est aujourd'hui la Wolves Academy.
Un adjoint aux nombreuses casquettes
Adjoint de l'équipe première, responsable technique de la formation des jeunes, coach des Espoirs, instigateur de la section féminine et dernièrement T2 des Louves, le Courcellois a coché bien des cases durant ses sept années passées dans le Centre. Le tout, en cumulant un poste à responsabilité en tant que directeur général d'hôpital. Désormais, c'est auprès de l'académie du RWDM qu'il infuse son savoir-faire.
"Le rêve de devenir professionnel à la RAAL est né en travaillant le projet au quotidien, en connaissant les gens qui l'entourent, en vibrant avec les supporters. Je ne m'y destinais pas au départ. Il a pris sens au fil du temps", admet Nicolas. "Avant cela, mon idéal, en voyant que je n'étais pas un assez bon footballeur, a toujours été de travailler pleinement dans le monde du football. C'est désormais le cas à Molenbeek."
Au stade Edmond Machtens, l'ancien sociétaire du Tivoli a la lourde tâche, en compagnie de Jacques Colson, de rendre ses lettres de noblesses à la jeunesse molenbeekoise. "C'est un travail de longue haleine, avec plus de 520 jeunes et près de 60 coachs", sourit l'ex-Louviérois. "Avec un peu de patience et beaucoup de travail, nous pouvons replacer l’école des jeunes au centre de l’attention footballistique et médiatique", a-t-il indiqué lors de sa présentation officielle.

Evidemment, ce nouveau départ - de la capitale du Centre vers la Capitale tout court - ne s'est pas fait sans émotion. "J'ai partagé tellement de choses avec La Louvière que j'en ai encore des frissons. Dès ma nomination, j'ai pris mon rôle à cœur. Je me suis imprégné de l'esprit de la région, des supporters. Je me suis renseigné, j'ai lu énormément. C'est pour ces supporters, ces passionnés, ces bénévoles que je me suis dévoué corps et âme", avoue l'intéressé. "J'ai passé des heures, à écouter le récit de leurs déplacements de Boom à Benfica, leurs anecdotes, etc."
En grand amoureux du ballon rond, Nico sait ce que représentent les fans dans la vie d'un club. "Il n'appartient ni aux dirigeants, ni aux actionnaires. Les supporters sont les piliers. Même quand tout fout le camp, eux sont toujours présents." Un discours rare, caractéristique de l'état d'esprit qui anime l'homme.
Il y a un peu plus d'un an, une page s'est tournée. L'historique adjoint de Taquin n'a pas été reconduit dans le staff de l'équipe première, au même titre que l'illustre Johan Bombart. Un crève-cœur pour Nicolas, qui aurait aimé rejoindre le plus haut échelon avec les Verts. Il ne s'est pas résigné pour autant. En 2023-2024, il a ainsi été associé à Barbara Carlisi, à la tête de l'équipe première féminine. Le foot féminin, justement, le coach en a fait son cheval de bataille dès son arrivée à La Louvière.
À l'origine du football féminin
"J'ai milité pour la création d'équipes féminines à la RAAL", se remémore-t-il. "Pourtant, à l'époque, le comité de direction y était réticent. J'étais l'un des seuls, si ce n'est le seul, à y être favorable. De fil en aiguille, nous avons lancé des animations, des initiations et les premières équipes se sont mises en place. En ce sens, je salue Ludovic Lo Brutto pour son implication dans ce cadre et la liberté accordée par Salvatore Curaba pour développer cela."
Pour boucler la boucle, le championnat écoulé a été couronné de succès pour les Louves. Sous la houlette de Carlisi et Baquet, les Louviéroises ont décroché trois trophées : le titre de championnes de P1, en plus d'être victorieuses du Tour Final interprovincial et de remporter la Coupe du Hainaut.

Désormais, l'énergie de Nicolas Baquet est concentrée sur sa nouvelle aventure bruxelloise. "Je ne suis là que depuis trois semaines, mais c'est un énorme challenge, avec beaucoup de travail. J'ai l'impression de ne jamais avoir autant travaillé de ma vie", dit-il. C'est mal connaître l'artiste, dont l'implication est toujours maximale, qu'importe la mission.
Boulimique de travail, le Carolo n'en a pas fini avec le terrain. Même si ses fonctions actuelles l'éloignent de l'aspect purement sportif, il continue de suivre les cours afin d'obtenir ses diplômes d'entraîneur.
Il conclut : "Mon rêve de gosse a toujours été de remporter la Coupe du Monde avec la Belgique. En grandissant, j'ai réalisé que ce ne serait pas en tant que joueur. Je garde toujours ce souhait dans un coin de ma tête. Si je peux y contribuer directement, en tant que membre du staff, ou indirectement en voyant un jeune formé à La Louvière ou à Molenbeek soulever un jour ce trophée, ce serait ma plus belle récompense."
Les femmes de sa vie
Fidèle à lui-même, humble, sensible et dévoué, Nicolas se veut surtout reconnaissant : "Je ne remercierai jamais assez mon épouse et mes filles pour leur soutien. Elles ont fait et font encore énormément de sacrifices, peut-être même plus que moi", relève l'intéressé. "C'est grâce à elles si je suis là."
Pour la petite histoire, c'est autour d'un terrain de football que Nico a rencontré sa femme. "C'était en 1994, à Nivelles, à l'occasion d'un match de gala entre le Standard et... La Louvière ! J'ai d'ailleurs retrouvé une photo de ce jour, où mon épouse prend la pose avec plusieurs Liégeois de l'époque. Et là, à l'arrière-plan, on distingue la tête de notre bon vieux Théo Cabo." Une scène cocasse, une fois le fil rembobiné.
- Illustration : RAAL La Louvière
