Intronisé comme la star montante du football camerounais, Félix Oukiné semble à des années-lumière du futur imaginé par ses pairs.
On l'a présenté comme un prodige, un footballeur au talent déconcertant, présélectionné par le Cameroun pour le Mondial 2022. Pourtant, et contre toute attente malgré les pseudo-prétentions des plus grands clubs européens, c'est à La Louvière que le joueur a atterri en début d'année dernière.
Capitaine du Coton Sport de Garoua, le milieu défensif a remporté trois fois le championnat de première division de son pays. Par deux fois, avec son club formateur, il a disputé la demi-finale de la Coupe d'Afrique des Clubs. Sans omettre ses huit sélections (et son but) avec l'équipe nationale, le CV du Lion Indomptable est prometteur pour un gamin né en 1999.
L'histoire s'obscurcit lorsqu'il pose ses bagages à la RAAL. Les supporters de Coton Sport sont les premiers à tiquer. Pourquoi un tel talent décide-t-il de quitter la D1 pour un club de troisième division belge ? Encore plus lorsqu'on lit que des prétendants tels que Brest, Angers, Strasbourg (France), le PAOK Salonique (Grèce) ou encore Midtjylland (Danemark) suivent la pépite internationale.
Avec les Loups, Oukiné dispute ses premières minutes à Maasmechelen. Sur le terrain du Patro, dans une ambiance austère et des conditions météorologiques dantesques, le néo-Louviérois provoque le penalty qui cause la défaite des Verts dans le match au sommet de la N1.
Trop froid
Par la suite, il disparaît du terrain. L'interrogation persiste à son sujet. Pourquoi l'avoir rapatrié, si ce n'est pour lui faire cirer le banc ? Le constat est funeste. À l'instar d'autres éléments de la saison écoulée, le nom du Camerounais s'ajoute à la liste des transferts ratés. Sa méforme est justifiée par le froid hivernal et une transition difficile entre l'Afrique et l'Europe pour un gamin de son âge.
Sans surprise, quatre apparitions plus tard, le demi-finaliste de la CAF n'est pas prolongé à la Wolves Academy. Vraisemblablement prêté à l'écurie du Centre par le club de Garoua (c'est ce que nous apprend Transfermarkt), le joueur déniche un nouveau challenge en deuxième division qatarie.
En juillet, l'ex-numéro 88 de la meute signe à Al-Khor. On pense alors que, sous le soleil du Qatar, le garçon va prendre ses marques et retrouver ses bonnes habitudes. Que nenni. Il y a quelques jours, le club a résilié son contrat.
Trop chaud
Il faisait sans doute trop chaud pour s'acclimater. Mais rassurez-vous, la bienveillante presse camerounaise lui a déjà décelé les meilleurs deals pour rebondir au plus haut niveau. On parle d'Égypte, de Tunisie, de Pologne, voire d'Émirats arabes unis. La dernière en date ? Le FC Nantes, rien que ça.
Une chose est sûre : méfions-nous, encore plus avec l'arrivée de la RAAL en Pro League, de ces fameux sites (Football 365, Foot Mercato, etc.) qui pullulent d'articles annonçant les plus grands talents en devenir vers les plus grands clubs. Bien souvent, c'est du bullshit, rien de plus que du lobbying d'agents.
Au final, c'est la douche froide... et ça brise des carrières.
- Illustration : RAAL La Louvière
