Inépuisable, La Louvière Centre trouve, chaque année, les moyens de nous désespérer.
Le départ précipité (quoique) de Volkan Uluc démontre, à nouveau, l'absurdité du projet du matricule 213.
Intronisé en juin, l'entraîneur germano-turc devait permettre à l'Union Royale La Louvière Centre de franchir un nouveau pallier dans l'énième renouveau du club. En outre, Uluc était appelé à offrir "une autre dimension au projet", pour reprendre les mots de Christopher Luhaka.
Avant la fin du premier tour, le mentor est rentré au bercail. Il aurait, selon les informations relayées dans la presse, eu la bénédiction des dirigeants de se ressourcer plus tôt en famille. Son retour dans le Centre était conditionné à un mercato hivernal ambitieux.
Dans les médias locaux, après les scènes de guérilla en tribune pour la venue des U23 de l'Union Saint-Gilloise, Claudio Donisi abondait en ce sens. "Nous avons foiré notre campagne de transferts et cela va changer avec un mercato d’hiver que je promets efficace", lançait le manager général dans la Nouvelle Gazette.
Sur le plateau d'Antenne Centre, quelques jours plus tard, le discours de Christopher Luhaka se voulait moins ambitieux : "On va essayer de se renforcer mais trouver des joueurs intéressants, en janvier, c'est très compliqué."
Volkan est entré en éruption
Impossible, dans ces conditions, de combler un coach réputé pour sa rigueur et son sérieux. Même Uluc, connu pour être l'homme des causes désespérées, n'a rien pu faire chez de désespérants Haine-Saint-Pierrois.
Selçuk Gülal (ndlr : l'adjoint de Volkan Uluc, traducteur franco-turc à ses heures perdues) ne devrait pas succéder à son T1 pour la suite (et la fin) de la saison. Toujours est-il qu'avec cet énième changement sur le petit banc des Centraux, l'URLC a grillé un quinzième et un seizième entraîneur (rien que ça) depuis l'exercice 2021-2022.
Devant cette mascarade, il est temps de rendre des comptes.
Depuis de trop longues années, l'entité se faufile entre les mailles du filet. Elle se joue tantôt du département des licences, tantôt de la presse.
Une autorité supérieure doit désormais prendre les devants. Au tour des instances politiques d'amener ce débat sur la table.
Au-delà du sport
Certes, il y a des choses bien plus graves que le football. Or, le dossier va au-delà du sport. Ce qui se trame en coulisses doit alerter les décideurs de la ville, de la région. Les déambulations unionistes nuisent aujourd'hui à La Louvière et, par extension, au Centre.
Pourquoi les véritables dirigeants de La Louvière Centre ne sont-ils jamais apparus officiellement ?
On ne parle pas de Claudio Donisi, Christopher Luhaka ou Fred Salem, de bons bougres mais pas les vrais décideurs : il est ici question de Julien Eychenie Machot (président) et Frédéric Demargne (administrateur et trésorier). L'un vit en Suisse, l'autre au Royaume-Uni.
Leur arrivée dans l'organigramme, voici plus d'un an, a été passée sous silence. Par qui ont-ils été nommés et pourquoi ?
Autre information essentielle : pourquoi cherche-t-on à cacher que l'ASBL sous laquelle existe l'URLC est elle-même détenue par la holding TF Invest, elle-même représentée par d'anciens dirigeants français du matricule 213, pourtant décriés voici deux saisons ?
Des mensonges nuisibles
Il est l'heure d'arrêter les effets d'annonce, de stopper le bluff et les noms ronflants (de Serge Aurier à Neeskens Kebano, en passant par Christian Kabasele et autres Didier Drogba). Il n'y a rien de scandaleux à éclaircir les choses. En revanche, c'est maladroit, boiteux et nuisible de s'évertuer dans le mensonge.
Évidemment, les principaux concernés s'offusquent. La presse devient l'ennemi public : "Votre merdia, je me torche avec" (sic), nous avait-on écrit. Plus tard, ce sont d’autres confrères qui ont été pris pour cible.
Ce billet d'humeur n'est, sans doute, qu'un pavé dans la mare. Demain, on nous annoncera qu'un nouveau projet est en route, que la montée en D1 ACFF est un objectif réaliste.
On le souhaite sincèrement aux Unionistes. Hélas, si ça se concrétise, ce cirque risque d'être médiatisé à l'échelon supérieur... et nuire davantage à l'image de notre terre, trop souvent décriée.
- Illustration : Patrick Ferriol
