Volkan Uluc est appelé à "transmettre toute son expérience, tant en équipe première qu’au centre de formation", a écrit l'URLC, lors de son intronisation. Mais qui est cet inconnu de 53 ans qui va vivre sa première expérience en Belgique ?
On pensait naïvement qu'après ses bons résultats à la tête des Centraux, Sébastien Conte serait prolongé à l'Union Royale La Louvière Centre pour un projet à long terme. C'était sans compter sur le cynisme du matricule 213 qui a, pour la quatorzième fois en deux ans, introduit un nouveau mentor.
Né à Istanbul, le volcanique Uluc est Germano-Turc. Il a lancé sa carrière sur le petit banc au cours de la saison 1997-1998, dans un rôle d'adjoint, dans la petite écurie de Spandauer, dans un quartier de Berlin.
C'est d'ailleurs dans des clubs allemands de seconde zone (Sachsen Leipzig, Brandenburg, Lok Stendal et autres Berliner AK) que le coach a fait l'essentiel de sa carrière.
Au cours de ces vingt différentes expériences réparties entre l'Allemagne, le Bahreïn, l'Iran et la Turquie, Carl Zeiss Iéna (ndlr : évoluant aujourd'hui en D3) résonne comme le nom le plus connu. Toujours est-il que sous les ordres de Volkan, l'écurie allemande évoluait alors dans une ligue régionale.
Un palmarès de coupes régionales
"Il a remporté la coupe à plusieurs reprises et y a souvent fait des parcours exceptionnels", relevait le communiqué unioniste, à sa nomination à la mi-juin.
S'il a effectivement remporté trois coupes (ndlr : la Coupe de Berlin en 2012-2013 avec le BFC Dynamo et la Coupe de Thuringe, à deux reprises avec Zeiss Iéna en 2014-2015 et 2015-2016) il s'agit en réalité de trophées régionaux. Toute proportion gardée, ces succès s'apparenteraient, chez nous, à des victoires en coupe de province.
Malgré tout, le parcours de Volkan Uluc inspire le respect. D'autant que les critiques à son égard sont, dans la presse étrangère, plutôt positives.
Souvent nommé dans des clubs à la situation explosive, jamais à l'abri d'un séisme ou d'une éruption extrasportive comme ce fut le cas dans son dernier club, il joue avec brio le pompier de service.
Serait-ce le profil adéquat pour éteindre les divers incendies qui ont brûlé La Louvière Centre de l'intérieur, ces dernières saisons ?
C'est ce à quoi Christopher Luhaka et Fred Salem aspirent. "Diplômé UEFA Pro, Volkan est un meneur d'hommes. C'est un acharné de travail qui ne compte pas ses heures", peut-on lire dans le communiqué des Centraux.
La carte de visite est belle mais il y a une ombre au tableau.
En effet, le néo-boss de La Louvière Centre, en plus de ne jamais s'éterniser dans ses précédents clubs, ne manie pas la langue de Molière. Dans son staff, Selcuk Gülal joue désormais le traducteur entre le collectif et l'homme, ne s'exprimant qu'en allemand, anglais ou turc.
Molière n'a qu'à bien se tenir
Si les entraîneurs étrangers sont légion au plus haut niveau, l'absence du français risque de coincer à un moment ou un autre de la saison. Encore plus en D2 ACFF, une division francophone, dans un projet où il sera amené à partager sa vision avec des entraîneurs de l'école des jeunes.
En revanche, ne soyons pas mauvaise langue : l'Allemand Otto Rehhagel est parvenu à offrir un sacre à la Grèce à l'Euro 2004, sans parler un mot de grec.
Cela dit, quand on connaît les relations historiques entre Grecs et Turcs, ce dernier exemple n'est peut-être pas le plus judicieux. Mais la géopolitique, c'est encore une autre histoire.
- Illustration : La Louvière Centre

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