C’était écrit. Et cette fois, personne ne pourra dire qu’on ne l’avait pas vu venir.
Alors qu’ils n’avaient besoin que d’une victoire pour décrocher le titre en P1, les Sonégiens ont complètement déraillé à Néchin. Vaincus lors de l’ultime journée, les Carriers ont laissé filer leur destin et offert le sacre à Molenbaix.
En tête de l’élite provinciale durant une bonne partie de la saison, Soignies s’est effondré au pire moment. Un scénario qui rappelle douloureusement celui de la saison 2016-2017, déjà marqué par un naufrage similaire au profit de l’Entente Binchoise.
La donne était simple : gagner et être champion. Tout autre résultat ouvrait la porte à Molenbaix, en embuscade. Forcément, le pire s’est produit. Tandis que les Noir et Blanc s’inclinaient à Néchin (2-0), leurs poursuivants étrillaient Montignies (1-6) et s’emparaient du trône sans trembler.

Cruel ? Oui. Surprenant ? Pas vraiment. "On a fait le match qu’il fallait… mais on n’a pas concrétisé", pestait Sébastien Wouters, auprès de nos confrères de Sudinfo. Le résumé est brutal, mais fidèle. Dominer ne suffit pas. À ce niveau, il faut plier les matchs. Soignies ne l’a pas fait. À l'inverse, Néchin n’a pas tremblé.
En l’espace d’un quart d’heure, tout s’est écroulé en seconde période. "On ne mérite pas cette défaite", regrettait Nabil Seggour au micro d'Antenne Centre. C'est oublier que le football ne distribue pas les points au nombre d'occasions galvaudées.
Balle de match et points perdus
Surtout, Soignies n'a pas perdu le titre à Néchin. Deux semaines plus tôt, à Jemappes, les Carriers avaient déjà laissé passer une première balle de match. Une occasion en or, gâchée. Comme tant d’autres cette saison. Car au-delà de ce dernier faux pas, c’est bien l’accumulation de points abandonnés en route (ndlr : Frasnes, Gosselies, Jemappes, Luingne ou Péruwelz) qui a plombé les ambitions sonégiennes.
Sans parler des deux corrections infligées par Molenbaix (1-4 à l'aller, 5-0 au retour), qui résonnent aujourd’hui comme un avertissement ignoré.

Le verdict est sans appel : le Royal Soignies Sports a laissé filer un titre qui lui tendait les bras.
Reste désormais le tour final, considéré comme une porte de secours. Un chemin long, piégeux, incertain. "Le plus difficile maintenant, c’est de tourner le bouton malgré l’immense déception", glisse le coach. Il le faut pourtant, et vite.
Car après vingt ans d’attente et autant de désillusions, le temps commence à sembler long.
- Illustration : Royal Soignies Sports

