Pierrot retrouvera-t-il son nid ?

Avec la récente relégation de l'Union Royale La Louvière Centre en D3 ACFF, les instances politiques louviéroises ont invité le matricule 213 à regagner ses pénates.

Questionné sur le sujet par nos confrères de la télévision, Nicolas Godin a confirmé la volonté du collège communal : "On veut faire en sorte que l'URLC puisse se redéployer, à travers la cinquième division, sur le site de Raymond Dienne, avec son école de jeunes, avec un véritable projet, avec l'équipe actuelle."

Quatorze ans après son installation au Tivoli, La Louvière Centre est donc conviée à retrouver Haine-Saint-Pierre. "Une des raisons pour lesquelles l'URLC occupait le stade, outre le fait qu'il n'y avait historiquement plus de club à La Louvière, c'est le fait qu'elle évoluait dans une division qui nécessitait des aménagements importants", rappelle l'échevin des sports.

"Or, avec la descente d'un échelon, les revendications par rapport à l'encadrement sont beaucoup moins importantes. Pour le collège, la logique s'imposait d'inviter le club à rejoindre Raymond Dienne", indique-t-il.

L'URLC revendique le Tivoli

Discrets jusque-là concernant cette décision, les dirigeants unionistes ont réagi par voie de communiqué en milieu de semaine dernière. "Nous ne souhaitons pas quitter le Tivoli (...) même si nous évoluons en D3", conteste la direction. "Nous désirons y rester pour les deux prochaines saisons, ce qui laissera le temps à la Ville de remettre le site de Dienne en ordre pour une meilleure gestion."

À travers leur message, les Centraux rappellent également que la RAAL a bénéficié de l'infrastructure du Tivoli tandis qu'elle évoluait en D3 ACFF. Une comparaison biaisée, car les Loups n'avaient, à l'époque, aucune enceinte en mesure d'accueillir des rencontres de ce niveau. On parle tout de même de plusieurs centaines (voire milliers) de spectateurs à cette période et de mesures policières strictes, contre quelques dizaines de supporters aujourd'hui.

Dans la foulée de cet échange, les Pierrots font du bruit. Ravis de ce retour au sein de leur nid, ils se mettent à rêver d'une renaissance de l’URS Centre, en rouge et bleu. Sur les réseaux sociaux, une pétition a d’ailleurs été lancée en ce sens, au même titre qu’une page Facebook (ndlr : pour l’heure, les chiffres de la pétition et le nombre de followers restent néanmoins timides).

Un projet secrètement espéré par de nombreux anciens depuis plusieurs années… mais une idée sans cesse balayée par la direction actuelle, représentée par Christopher Luhaka et Fred Salem, justifiant qu'elle n'était pas à l'origine du déménagement ni du changement d'identité de l'Union Royale Sportive du Centre survenu en 2011.

Seulement, quand on est un dirigeant, on doit aussi savoir relever la tête du guidon, prendre de la hauteur, se rendre compte de ses forces, admettre ses faiblesses, sentir où le vent souffle et exploiter les opportunités.

La direction doit-elle céder le flambeau ?

Parfois, plutôt que de s'entêter, il faut aussi accepter d'autres idées, voire céder le flambeau dans l'absolu. À d'autres personnes, pour de nouveaux projets, pour d'autres visions. La véritable renaissance des Pierrots passe assurément par là.

Le meilleur résumé est celui-ci, comme le soufflait aux responsables actuels une figure emblématique du matricule unioniste entre 2007 et 2010 : "Vous avez ramené le club à un niveau plus bas que celui que j’ai quitté (...) À l’époque, on était tous des gars du coin. On jouait pour un club de la région, pas pour un club satellite (...) qui s’est perdu dans un univers inconnu."


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