Selon l’adage, les Loups ne se mangent pas entre eux. Sauf à La Louvière, où les relations ont parfois été explosives entre deux chefs de meute.
D’un côté, Salvatore Curaba, président de la RAAL. De l’autre, Jacques Gobert, bourgmestre de la Ville de La Louvière. Depuis le retour de l’écurie verte et blanche dans le paysage footballistique local, les remous ont été nombreux entre les deux hommes.
On s'en souvient, le 22 septembre 2021 au JT d'Antenne Centre, après le refus du premier projet présenté, le chairman n'a pas été tendre avec les élus : "Si le bourgmestre et le collège ne veulent pas de ce stade, financé par le privé, que font-ils à la tête de la ville ?"
"Qui est-il pour réclamer la démission d'un collège ? J'espère que les ambitions de Monsieur Curaba ne sont que sportives"
Le mayeur n'hésitant pas à riposter, par média interposé, devant ces mêmes caméras : "Qui est-il pour réclamer la démission d'un collège, démocratiquement élu ? J'espère seulement que les ambitions de Monsieur Curaba ne sont que sportives."
Depuis, afin d'entériner le dossier et de valider la construction de la nouvelle arène, les deux hommes ont mis de l'eau dans leur vin. Le projet a été retravaillé et les planètes se sont enfin alignées. Le chantier, on l'a encore vu ces derniers jours, progresse à une vitesse folle.
Monsieur Gobert, comment expliquez-vous les précédentes tensions qui ont animé la ville et son club phare ?
En 2017, deux mondes se sont rencontrés : l’initiative privée de Salvatore Curaba, avec les qualités qu’on lui connaît, a croisé l’administration, dans ce qu’elle fait de meilleur. Avec ses règles et ses procédures, celle-ci diffère du fonctionnement d’une société privée. Cela a été un choc des cultures. Les deux parties ont légitimement défendu leurs intérêts respectifs. Au final, chacun y a mis du sien. Nous avons pu trouver un compromis pour mettre en œuvre ce projet sur un terrain que la ville a concédé par bail emphytéotique au club.
"Lorsque Salvatore Curaba a évoqué la construction d'un nouveau stade, cela nous a d'abord semblé irréalisable"
Imaginiez-vous un jour revoir La Louvière au niveau professionnel, dans une nouvelle arène ?
Il faut savoir reconnaître l’ambition… et le grain de folie de Salvatore Curaba ! Lorsqu’il a évoqué la construction d’un nouveau stade, cela nous a d’abord semblé irréalisable. Je lui tire mon chapeau pour la consécration d’un tel dessein. Cette nouvelle infrastructure va non seulement servir la cause de la ville, du football mais aussi du sport à La Louvière. Cela démontre aussi qu’il est possible de travailler efficacement, tous ensemble. Les équipes de la ville et du club ont réalisé un travail remarquable.
À l’issue du chantier, la RAAL va quitter le Tivoli. Que va-t-il devenir ?
La volonté du collège communal est de dédier ce stade à la pratique de l’athlétisme. Nous aimerions ériger une structure similaire à celle qui existe au MOHA, à Obourg. En ce sens, un appel à projet a été lancé pour la reconversion du site en un centre d’athlétisme. Ce dernier sera dédié à l’ACLO, qui totalise 650 membres, toutes disciplines confondues.
Avec ces nombreux aménagements, le visage du quartier va fortement changer, tout en conservant son historique approche sportive. Comment voyez-vous l’avenir ?
L'ambition, c'est que le sport et la santé se rencontrent. J'aimerais, à l'avenir, plus de synergies entre ces deux domaines, finalement très proches. Avec le réaménagement complet de la rue et du site, le paysage va changer. Dans la foulée, le contournement "est" avance à grands pas, ce qui permettra un dégorgement rapide des hôpitaux et du quartier les jours de match. Bravo pour le travail réalisé. Le meilleur reste à venir.
Propos recueillis le 3 avril 2024, lors de la présentation du projet de nouveau stade.
- Illustration : RAAL La Louvière
