Le retour de La Louvière en Pro League s’accompagne d’une autre actualité réjouissante : la construction d’un nouveau stade pour succéder au vétuste Tivoli.
Inauguré en 1972, le temple du football louviérois vit ses dernières heures. En mars 2024, après quatre années de labeur en coulisses, le chantier du futur écrin des Loups a démarré. Dans un an à peine, l'arène accueillera la meute.
Après avoir œuvré, avec succès, sur le chantier de la Wolves Academy, Salvatore Curaba est désormais concentré à temps plein sur le projet de stade, estimé à 16 millions d'euros. Il en parle.
Salvatore, à bien des égards, la saison 2023-2024 est historique pour le club. Où la RAAL compte-t-elle s’arrêter ?
Au lancement du projet, nous avions annoncé quatre objectifs : la création d’un centre de formation performant, la construction d’un nouveau stade, le retour du club au niveau professionnel et la montée de l’équipe féminine en Super League. Aujourd’hui, au moins deux d’entre eux sont atteints. Nous espérons accomplir l’ensemble d’ici 2027, soit dix ans après la création du club. Ce serait fantastique de rejoindre la D1A pour le dixième anniversaire du club. Ensuite ? Nous n’allons pas nous arrêter là. Nous nous fixerons d’autres projets. Nous resterons toujours ambitieux.
Depuis 2017, l’histoire de la RAAL s’apparente à une incroyable success-story. Comment percevez-vous cette réussite ?
Elle est la résultante du travail accompli en amont par toutes les équipes, qu’elles soient sportives ou administratives. Je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui nous ont fait confiance dès le départ, alors qu’il n’y avait rien, si ce n’est un projet. Aujourd’hui, le club jouit d’une excellente réputation à l’échelle nationale. Bruno Venanzi, ex-président du Standard de Liège, me le disait dernièrement : "En Belgique, tout le monde parle de vous." Au niveau local, malgré une certaine méfiance au lancement du projet, nous ressentons désormais beaucoup de confiance. Quelque chose est en train de se passer. Certes, nous aimerions compter encore plus de supporters au stade, mais nous ressentons un réel soutien. L’arrivée du nouveau stade va apporter encore plus de légitimité à la RAAL.
"Sans piste d’athlétisme, l’atmosphère sera meilleure. Avec la proximité du public, la fête sera encore plus belle"
Lorsque vous avez abordé le sujet du stade, sept ans plus tôt, on vous a pris pour un fou. À présent, le chantier est lancé. Le futur écrin pourrait être inauguré dès l’été prochain. Quelle est votre réaction ?
J’ai encore du mal à réaliser qu’une telle infrastructure sorte de terre d’ici quelques mois. C’est une folie de construire un stade. Beaucoup de clubs annoncent des projets ambitieux… mais je peux garantir que ce n’est pas facile de les faire aboutir. En Belgique, le dernier stade érigé est celui de Gand, inauguré en 2013. Aucun stade digne de ce nom n’a été construit en Wallonie depuis plus de cinquante ans. C’est une chance de prochainement bénéficier d’un tel outil à La Louvière.
Pourquoi un tel outil est-il indispensable pour la RAAL ?
Pour réussir dans la durée, ce stade est plus que nécessaire. Contre Lokeren, en championnat, nous avons réalisé un VIP de 600 personnes. Il a fallu aménager les abords du stade, louer un chapiteau, etc. Dans ces conditions, c’est difficile de tenir sur la durée. À tous les niveaux, le nouveau stade va offrir un confort optimal. Sans piste d’athlétisme, l’atmosphère sera meilleure. Ce sera un chaudron. Avec la proximité du public, la fête sera encore plus belle.
Vous n’êtes pas réputé pour être un passéiste. Néanmoins, ressentez-vous une émotion particulière à l’idée de quitter le Tivoli, vous qui l’avez aussi foulé en tant que footballeur ?
Il s’agit d’un stade historique, qui a rendu de loyaux services à La Louvière. Si tout va bien, il s’agit de notre dernière année dans ce stade. La promotion en Challenger Pro League ouvre la porte au football télévisé. L’an prochain, chacune des rencontres de la RAAL sera retransmise sur Eleven DAZN. Durant une saison, le Tivoli va s’offrir une ultime mise en lumière aux yeux du football belge. C’est une belle façon de terminer l’histoire.
Propos recueillis le 3 avril 2024, lors de la présentation du projet de nouveau stade.
Quel adversaire inaugurera la future tanière des Loups ? Invité en fin de saison sur le plateau de La Tribune, le président du matricule 94 s'est mouillé : "On va essayer d'attirer la Juve", a souri Salvatore Curaba, face aux caméras de la RTBF. De quoi réjouir bon nombre de tifosi... qui n'ont jamais mis un pied au Tivoli pour encourager la meute, soulignons-le.
- Illustration : RAAL La Louvière

Une Top Histoire. Une renaissance pour toute la région. Félicitations 👍